‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 253 sur 458 · LE CHŒUR, MADELEINE · texte numérisé non relu

LE CHŒUR, MADELEINE

La sainte Vierge. (Vers 1881.) O instrument de malheurs intolérables, assemblée des- scribes et des anciens, audacieux artisans qui conspirez la mort du Seigneur... comment pouvez-vous craindre qu’ils n’enlèvent le corps, ceux qui viennent de fuir vos mains sanglantes? Qui conseillerait d’aller au tombeau à ceux que la crainte et la terreur avaient frappés? Allez garder le tombeau, voyez bien tout, car vous serez peut-être ainsi témoins de sa résurrection.

Le Demi-Chœur. (Vers 1899.) Quant à nous, chères compagnes, arrêtons-nous ici, restons en sûreté à la maison, et n’allons point au tombeau du Seigneur, mais attendons jusqu’à la nuit.

La sainte Vierge. (Vers 1903.) En eîfet, voici la nuit qui s’avance, demandons-le aux gardes. Comment pourra-t-on traverser une troupe ennemie et sans danger couvrir de parfums le corps de mon fils? Cependant un des disciples du Seigneur aurait dû s’approcher du tombeau comme observateur. Certainement il faut qu’on y aille promptement, et si l’on voit qu’on n'a disposé aucune trahison, allons le matin au tombeau qui renferme la vie, et, suivant l’usage, embaumons le corps. Nous irons, c’est ma pensée; mais si au contraire nous apprenons quelque machination de l’ennemi, nous attendrons que le jour soit complet. Rien ne presse, car la corruption ne peut atteindre le corps du Verbe... (Vers 1910.)

Le Demi-Chœur. (Vers 1927.) Il faut d’abord voir ce qui en est, envoyez-y promptement.

La sainte Vierge. (Vers 1930.) Quelle est celle de vous, chères filles, qui voudra cette nuit examiner le tombeau 1 ? car les disciples n y sont plus, ils ont fui la rage des bourreaux qui sont moins excités contre nous, car ils méprisent notre sexe.

Madeleine. (Vers 1938.) C’est moi qui irai

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