N’est-ce pas bien le videre sepulcrum
CH. IX. — LE CRUCIFIEMENT
visiter le divin tombeau, et je vous éviterai ce péril; quoi que ce soit je le saurai et je serai auprès de vous avant que la lumière vienne de nouveau éclairer la terre. Ne dois-je pas accepter cette mission pour celui qui m’a délivrée des démons ? Et cela me méritera peut-être un don plus éclatant de la part de ce mort que je ne crois pas mort. Il me semble que nous devons dormir jusqu’à l'aurore qui n'est point éloignée. Dès qu elle paraîtra, j’y courrai. Peut-être y rencontrerai-je mes sœurs qui y sont restées pour inspecter le tombeau ; car toutes avaient projeté de passer la nuit à embaumer le corps.
Le Demi-Chœur. (Vers. 1954.) Allez donc et sachez ce qui se passe, vous qui portez un cœur viril, nous vous suivrons avec ces jeunes biles et d’autres Galiléennes ; car je pense que toutes voudront aller avec vous au tombeau en attendant l’accomplissement des promesses qui font notre espérance. Dormons un peu, l’aurore est proche.
Madeleine. (Vers 1961.) C'est une grande tâche que j’entreprends, et toute œuvre mérite son salaire. J'en ai déjà reçu une partie, l autre me sera encore accordée.
La sainte Vierge. (Vers 1965.) C’est juste. 11 t’accordera les dons les plus précieux parmi les hommes, et tu seras bienheureuse quand tu l’auras revu.
Madeleine. (Vers 1973.) Voici ma récompense : la première je serai témoin de sa résurrection. Voyez aussi mon empressement.
La sainte Vierge. (Vers 1977.) Prends garde, dans l’obscurité, de rencontrer les soldats.
Madeleine. (Vers 1978.) J'éviterai que ma marche ne s’entende. Dans l’attente devoir votre bis, je cours sans crainte du danger.
La sainte Vierge. (Vers 1982.) Cours donc, et, messagère heureuse, viens me dire( que mon vœu est accompli.
Madeleine. (Vers 1984.) Je vais obéir à vos ordres, car vous êtes tout pour moi.
La sainte Vierge. (Vers 1986.) Et moi aussi je t'accompagnerai, Marie, il m’est trop douloureux de rester après toi.
Madeleine. (Vers 1989.) Allons donc, ô vierge bien-aimée. J’aurai une grande joie dans votre compagnie. Mais ces femmes ne peuvent secouer le sommeil. Debout! qu’attendez-vous? ne voyezvous pas la lune toute brillante? L’aurore est proche ainsi que l’étoile du matin...
Le Chœur. (Vers 1999.) Mon âme est inquiète et contractée par la douleur, la nuit n’a pas vu mon œil se fermer, pressons donc le pas, ô vierge bien-aimée !
Madeleine. (Vers 2002.) Courons vers le tombeau.