‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 265 sur 458 · CH. X. — ENSEVELISSEMENT · texte numérisé non relu

CH. X. — ENSEVELISSEMENT

l’attribuent au Ve siècle et d’autres à une époque beaucoup plus moderne; or, au Ve siècle, on ne représentait pas la Descente de croix que nous n’avons trouvée qu'au xie; d'un autre côté, les E en sigma n’ont pas paru souvent avant le xne siècle. C’est donc à cette date que nous avons classé ce monument.

Musée chrétien. (PL L.) — Le bas-relief en argent, du musée du Vatican, dont nous avons déjà parlé à propos du Crucifiement, comprend l’Ensevelissement parmi ses quatre petits bas-reliefs. La sainte Vierge embrasse son divin fils qu’on descend dans un sarcophage. Dans le fond, on l’aperçoit au moment où elle arrive et où elle lève les bras de douleur et d’étonnement. Sainte Madeleine baise la main; saint Jean accompagne un second personnage debout par derrière. Dans le haut, deux anges apportent des suaires pour l’ensevelissement.

Manuscrit 1156. (PL L.) — On trouvera sur la même planche, fortement grossie, une des petites miniatures du manuscrit 1156 du Vatican, qui nous représente la même scène dans les mêmes conditions, mais plus clairement exprimées. La sainte Vierge1, nimbée, embrasse son fils étendu à terre à la porte du sépulcre; sainte Madeleine lui prend une main dans son manteau et la baise. Les deux disciples , Joseph et Nicodème, sont agenouillés aux pieds de Jésus; au fond la sainte Vierge, sans nimbe, est répétée à genoux et levant les bras en signe de grande douleur; deux femmes pleurent par derrière. Dans le ciel on voit figurés le Soleil et trois anges à mi-corps.

Ivoire. (Pl. XLIX.J — Parmi les plus curieux ivoires qu’on avait exposés en 1874 au musée d’art industriel de Milan, nous devons rappeler une Déposition. La scène s’y trouve figurée dans

1. La sainte Vierge : Robe violette avec reflets clairs. Sainte Madeleine : robe rose, manteau rose, tunique bleue. Le second disciple ; tunique brune } manteau jaune de Naples.

toute sa simplicité et avec un relief extraordinaire. Joseph, debout lui-même sur le marchepied de la croix, saisit le corps de Notre- Seigneur qui, par une rare exception, s’incline vers la sainte Vierge placée à sa gauche. Nicodème enlève les clous, Jean se livre à son affliction, ainsi que les deux anges du haut. Marie, pour atteindre jusqu’au Sauveur, est montée sur un tabouret. Sa figure et celle de son fils sont trèssupérieures à celles des autres assistants.

Portes de Vérone. (PL XLIX.j. — Cette scène est encore figurée sur un des panneaux des portes de Vérone; Jésus-Christ, couronné d’un diadème royal, est penché dans les bras d’un de ses disciples, tandis que l’autre, muni d’énormes tenailles, s’apprête à arracher les clous des pieds ; à droite du Sauveur on voit la sainte Vierge en prière ; à gauche saint Jean tenant un livre, en haut le Soleil et la Lune dans lesquels sont placés deux anges. Le panneau a om,43 de hauteur. Aucune des précédentes images n’approche de la barbarie de ce bronze.

RÉSUMÉ

Les images que nous avons passées en revue se résument toutes dans les traits suivants : le Sauveur, détaché de la croix par Joseph, abandonne sa main à la sainte Vierge qui l’arrose de larmes; Nicodème arrache les clous des pieds; saint Jean, absorbé par la douleur, ne peut aider les disciples ; des anges apparaissent dans le haut.

La scène de l’Ensevelissement, souvent juxtaposée, nous offre des caractères presque aussi invariables, surtout au xne siècle; Marie et les saintes femmes accourent à gauche du tableau. Marie arrive, embrasse avec une tendresse ineffable son divin fils, Madeleine lui baise la main gauche, saint Jean est aux pieds, les anges dans le haut. Avant le xne siècle, le Sauveur est figuré dans son suaire et emporté par Joseph; mais, depuis, le tableau que nous décrivons est constamment répété.

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