Sum. aurez. VIII
NOTES ARCHÉOLOGIQUES ET EXÉGÉTIQUES
ait souffert en quittant cette vie. Saint Grégoire de Tours, saint Isidore, Métaphraste, Nicéphore, etc., sont du même avis.
Son corps ne fut pas soumis à la corruption ; on ne peut croire que ce corps, resté virginal en donnant le jour au Sauveur, n’eût pas le privilège d’intégrité en quittant la vie; il est donc mieux de ne pas la représenter avec la tenue et le visage d’un malade, ni couchée dans un lit, mais à genoux, levant les mains au ciel et recommandant son âme à Dieu ainsi que le fit saint Paul, premier ermite, et que nous l’apprend saint Jérôme 1 .
On lit dans le Deutéronome que Moïse est mort sans aucune douleur sur la montagne et dans la terre de Moab. On doit croire que la sainte Mère de Dieu ne jouit pas d’un moindre privilège. (De Castro, II, 601.)
Un grand nombre d’auteurs appellent dormitio la mort de la sainte Vierge, mais ce fut une véritable mort suivie de l’assomption puis du couronnement dans le ciel. Baronius blâme Usuard et Adon d’avoir employé le mot dormitio et de douter de son assomption. Ils ont été trompés par ce libelle ou lettre de saint Jérôme à Paule et Eustochie 2, désigné par le faux titre de saint Jérôme et qui commence ainsi: Cogitis me...3
Tant d’opinions se sont produites sur l’âge auquel la sainte Vierge est montée au ciel qu’on verra, sans doute ici avec intérêt, ce qu’en ont dit les principaux auteurs. La discussion a été vive et longue ; en voici le résumé :
Certains auteurs, parmi lesquels Nicéphore, saint Ildephonse et Pierre Æquilinius dans le Catalogue des Saints, prétendent que Marie ne vécut plus qu’un an après la mort du Christ, c’est-àdire qu’elle est morte à quarante-neuf ou cinquante ans ; c’est aussi l’avis de saint Alphonse.
Saint Anselme, rapportant les paroles de saint