Colvenerius, Sum. aurea,ll
NOTES ARCHEOLOGIQUES ET EXEGETIQUES.
4° Au bout de ces trois jours, elle est enlevée au ciel par les anges à la vue de son divin fils.
5° Alors saint Thomas demande à ouvrir le tombeau pour honorer une dernière fois le temple de Dieu.
6° Lorsque la sainte Vierge est arrivée au ciel, elle est couronnée par son fils et prend rang parmi les anges dont elle devient la reine.
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXEGETIQUES.
Expliquons d’abord les termes dont nous nous servirons dans ce sujet : les Grecs ont appelé l’Assomption Meracvadiç, qui veut dire émigration, déplacement, mort, mais souvent et plus anciennement Kotpiciç, sommeil, ce que les Latins ont souvent répété sous le mot dormitio. On trouve cependant de très-anciens exemples des termes assumptio, requies } pausatio, assomption, repos, arrêt ou mort; ces mots n’expriment que son trépas dans la condition humaine, quoique très-heureux et trèssaint; l’assomption suit la dormition1.
§ i. Funérailles. — Dans le lieu où Marie rendit son âme à Dieu on rapporte que les apôtres entendirent une harmonie divine, qu'ils lui tirent de magnifiques funérailles et les célébrèrent par des hymnes spéciales. — Saint Mélite rapporte que trois vierges prirent le corps de la sainte Vierge et le lavèrent selon la coutume. Après qu’elle eut été dépouillée de ses vêtements, son corps brilla d’un si vif éclat que les yeux ne pouvaient le supporter; lorsqu’on les lui remit, la lumière s’effaça peu à peu et sa figure devint semblable aux fleurs.
Saint Denys raconte ainsi à Timothée son assistance aux funérailles : « Tu te le rappelles, lorsque nous vînmes, toi et moi, et beaucoup de nos saints frères contempler le corps, principe de vie et réceptacle d'un Dieu, dans cette
i. Gori, 341, 1759.
réunion où se trouvaient Jacques, le frère de ce Dieu, et Pierre, le plus haut et le plus auguste chef des théologiens; à cette vue ceux qui président aux saints mystères chantèrent unehymne, et louaient, chacun suivant ses moyens, l’infinie bonté de la puissance divine1.
Saint Alphonse pense que ce fut par des chants joyeux et non par des larmes qu’on célébra ces funérailles. Il fallait, dit saint Jean Damascène, que la mère de Dieu fût accompagnée de tous ceux qui avaient eu le bonheur de contempler le Verbe sur la terre, de tous les fidèles et même du' chœur des anges. Los apôtres et les autres hommes apostoliques qui étaient présents, saisis de stupeur et de respect, inondés de larmes, entouraient le divin tabernacle, l’embrassaient, le baisaient, cherchant en le touchant à participer à son éminente sainteté. Cette espérance n’était pas vaine, puisque dans cette foule serrée tous ceux qui s’approchaient affectés de quelque maladie s’en retournaient guéris. Les aveugles voyaient, les sourds entendaient, les démons étaient chassés; enfin toute espèce de maux se dissipaient.
Tombeau. — Les apôtres avaient préparé le tombeau de la sainte Vierge dans la vallée de Josaphat, qui avait déjà reçu tant de royales sépultures. — Il se trouve en face et à l’orient de la porte Saint-Étienne, au delà du pont du Cédron; on arrive par le sud à une belle esplanade, au fond de laquelle un petit édifice gothique donne accès à un superbe escalier de 5 mètres de large, comptant quarante-huit degrés