‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 295 sur 458 · Le Blant, Inscript, chrét I · texte numérisé non relu

Le Blant, Inscript, chrét I

FÊTE

demander, à notre tour, quelle autre fête de j Marie a jamais été célébrée le 15 août, fête méritant de fixer le souvenir d’une dédicace.

Du reste comme nous le disions tout à l’heure, les deux fêtes ont été souvent célébrées dans la même année. Dans l’ancien martyrologe de l’Église d’Occident, on séparait la fête de la mort de celle de l’Assomption; la première avait lieu le 18 janvier, l’autre le 15 août, c’est ce qu’atteste Mabillon dans son livre de la liturgie gallicane 1.

Cette fête est quelquefois indiquée, dès le viie siècle, pour les églises d’Espagne et de France.

VIIIe SIECLE.

Comment ne pas croire que cette fête remonte aux âges apostoliques, et qu’elle suivit le christianisme dans les plus anciennes missions, lorsque nous en trouvons un monument du vme siècle, non pas en Orient, dans le voisinage du berceau de la foi, non pas à Rome gardienne des croyances, mais au fond de l’Irlande? — En effet, dans le manuscrit irlandais de Bobbio, nous lisons une préface consacrée à la fête de l’Assomption, où nous puisons le passage suivant :

« ... Dieu de l’univers qui a habité spirituellement dans les saints et coiporellement dans la Vierge mère, laquelle, belle de charité, joyeuse de paix, excellente de piété, dite par l’ange pleine de grâce, pleine de bénédiction par Elisabeth, heureuse parles nations. La Vierge Marie, mère de Dieu, a quitté la terre pour le Christ, glorieuse semence, pure en son assomption, faite pour le paradis... elle n’a pas été soumise aux douleurs de l’enfantement, ni aux douleurs de la mort. Lit splendide d’où s’élève l'époux glorieux, lumière des nations, défaite des démons, confusion des Juifs, vase de gloire, temple céleste.

Suit une comparaison entre Eve et Marie :

« Tu es ravie dans ton heureuse assomption par

celui que tu as conçu, afin qu’étrangère à la terre elle ne te garde pas dans son sein. A tes restes enveloppés de linceuls, les apôtres donnent des obsèques sacrées, les anges leurs cantiques, le Christ son embrassement, les nuées leurs chariots, l’Assomption le paradis, et tu vas dans la gloire conduire le chœur des vierges 1. »

En France, cette fête était tellement répandue dès le vme siècle, que nous pouvons citer l’église de Nantilly à Saumur, qui l’avait prise pour fête patronale.

IXe SIECLE.

Au temps de Charlemagne on construit à Gap, sous le vocable de l’Assomption, une cathédrale qui fut un des plus magnifiques édifices de h contrée 2. A Figeac on dédie une église à l’assomption de la Vierge en 816 3.

En 847, au rapport d’Anasthase le bibliothécaire, Léon IV ajouta une octave à la fête de l’Assomption en souvenir de la délivrance d’un serpent monstrueux qui désolait Rome et dont l’antre était voisin de l’église Sainte-Lucie, délivrance due à une procession faite le jour de l’Assomption en l’honneur de la sainte Vierge4.

En Orient, l’empereur Léon le Sage (886) parlait ainsi dans un discours qu’il faisait sur le bienheureux trépas de la mère de Dieu : « Il est bien raisonnable, dit-il, que nous célébrions avec cérémonie et solennité ce jour consacré à l’honneur de la mère de Dieu; mais quelle éloquence sera suffisante pour exprimer la moindre partie de la gloire de cette souveraine Dame des anges et des hommes qui est aujourd’hui comblée de toutes sortes de biens et d’excellences pour lesquelles elle ne peut être assez dignement louée!... O très-sainte Vierge bénie par-dessus toutes les créatures, qui pourra imaginer ce que vous a donné aujourd’hui votre fils, qui seul

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