‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 344 sur 458 · Rosier de Marie , V, 305, Abelly; p · texte numérisé non relu

Rosier de Marie , V, 305, Abelly; p

repoussait toutes les instances de sa mère, voulant, disait-elle, un époux qui lui fût égal en noblesse, en beauté, en fortune et en science; or elle possédait chacun de ces avantages à un degré éminent. Elles vont voir un ermite qui présente à Catherine une image de la Vierge et de l’enfant Jésus, en lui disant que c’étaitle portrait de l’époux qui lui était destiné et de sa mère. Catherine rentrée chez elle et prosternée devant l’image sainte s’y endort, et voit la sainte Vierge qui lui présente son fils pour époux; mais celuici la repousse avec dédain. Pleine de tristesse, elle retourne auprès du pieux ermite, qui l’instruit davantage des choses de la foi et lui donne le baptême. De retour à la maison, la même vision lui apparaît ; mais alors Jésus, la trouvant digne de lui, l'accepte pour épouse et lui remet pour gage un anneau miraculeux qu’à son réveil elle trouve dans sa main. Depuis lors, renonçant au monde, elle devint une des gloires les plus pures de son sexe.

On lit dans la vie de sainte Monique ( + 384) que la sainte Vierge lui apparut vêtue de noir, avec une ceinture également noire et large de plus d'un pouce ; c’est, dit un auteur moderne, par suite de cette apparition que fut établie dans l’ordre de Saint-Augustin la confrérie de la ceinture de la mère de Dieu, et de là sans doute pour les religieux l’usage de porter des ceintures et des cordons en l’honneur de Marie.

Ve SIÈCLE.

Léon le Grand (457+474) étant encore simple soldat, rencontra un aveugle que dans sa charité il secourut en le remettant dans son chemin et cherchant une source pour étancher sa soif. Une voix mystérieuse lui indiqua cette source et lui prédit en même temps qu’il serait empereur. La voix ajouta : « Une fois parvenu à l’empire, élève-moi ici un temple où je vienne de temps en temps et où je me montre empressée à exaucer les vœux qui m’y seront adressés. »

APPARITIONS

Cosmiane, épouse de Germain Patricius, avait embrassé l’hérésie de Severius Acéphale. Cependant une nuit de Pâques la pensée lui vint d’aller seule adorer Jésus-Christ à son tombeau. Elle allait entrer dans le lieu saint lorsque tout à coup la mère de Dieu, accompagnée de quelques saintes femmes, lui apparut visiblement, et malgré les instances de Cosmiane s’opposa à son entrée et lui dit : u Vous n’entrerez pas que vous ne soyez unie de communion avec nous. » Elle va trouver un diacre et, ayant communié sous l’espèce du pain et du vin, ce que ne faisait pas sa secte, elle entra sans difficulté.

Saint Romanus, né en Syrie, était diacre de la sainte église de Beyrouth. Parti pour Constantinople au temps de l’empereur Anastase (vers 491), il s’arrêta au temple de la sainte mère de Dieu dans la maison de Cyr, où il reçut le don des hymnes. Comme il adorait Dieu avec une grande piété, passant la nuit en prière, il avait coutume de faire la veillée à Blaquernes, et de retourner à la maison de Cyr. Une nuit, pendant qu’il se livrait au sommeil, la sainte Vierge lui apparut en songe et lui donna un volume de papier en lui disant : « Prends ce papier et avale-le. » Le saint crut sentir sa bouche s’ouvrir et avaler le papier. C’était la fête de Noël. Réveillé de son sommeil et plein d’admiration, il glorifia Dieu; montant ensuite sur l’ambon, il commença à psalmodier Virgo jparit nobis hodiè supersubstantialem. Depuis lors la poésie sacrée coulait de ces lèvres comme d’une source intarissable et il ne composa pas moins de mille hymnes pour les fêtes de l’Eglise avant de rendre l’âme au Seigneur.

(PI. LXX). — Le ménologe grec nous a conservé, dans une charmante miniature, le souvenir de cette légende; on y voit la sainte Vierge1 qui tient dans sa main droite un volumen blanc qu’elle présente au saint endormi comme pour

x. Voici les couleurs. — La sainte Vierge : Nimbe d’or avrec cercle rouge; robe bleue, ornements blancs; ceinture rouge; manteau violet foncé, hachures d’or; coiffe bleue.

le lui faire avaler; dans le fond, une église et des rochers.

VIe SIÈCLE.

(553). Narsès, général de Justinien, était tres-dévot a la sainte Vierge qui lui apparut souvent, surtout à la veille des grandes batailles ; c’est elle qui traçait ses plans de campagne.

Au vie siècle Théophile, prêtre et pénitent, eut une apparition de la sainte Vierge qui lui remit l’engagement de son âme que le diable lui avait fait signer. Une verrière de Beauvais représente ce sujet 1.

La sainte Vierge apparut (avant 602) à une chrétienne du nom de Muse. C’était une jeune tille appartenant à de riches parents; après une éducation pieuse, ses sentiments religieux s’affaiblirent et elle marchait rapidement à sa perte éternelle, quand une nuit sa chambre fut tout à coup illuminée d’une clarté extraordinaire; elle vit la mère de Dieu qui était accompagnée d’une suite nombreuse de jeunes vierges en robes blanches. La sainte Vierge lui promit que si elle changeait de vie elle serait au bout d’un mois admise parmi ces vierges dont elle enviait le sort. Muse changea de vie et se préparait à entrer dans un couvent, lorsque vingt-six ou vingt-sept jours après sa vision, un accès de fièvre l’enleva en quatre jours et réalisa ainsi les paroles de la sainte Vierge qui lui avait promis qu’au bout d’un mois elle serait dans la compagnie des vierges : c'étaient celles du ciel et non celles de la terre dont Marie avait voulu parler.

VIIe SIECLE.

Saint Ildefonse, évêque de Tolède, avait

Saint Romanus : Nimbe d’or ourlé de rouge, robe blanche, hachures blanches et or, manteau brun, hachures d’or ; cheveux bruns.

Lit rose; tiges d’arbres avec filets d’or.

Fond d’or, comme partout dans le manuscrit.

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