Miechovich, II
ciens d’aller trouver 1 evêque Lambert et de lui annoncer qu’elle lui remettrait un cierge miraculeux. Le prélat, pour le jour indiqué, ordonne une procession générale, et au moment où elle rentrait dans la cathédrale, tout le peuple vit la sainte Vierge descendant des tours de Notre- Dame, tenant à la main un cierge magnifique qu elle remit aux deux musiciens; des gouttes de cire de ce cierge distillées dans de l’eau formaient une boisson qui guérissait le mal. On dit que le cierge brûla cinq cents ans sans se consumer. Une fête fut instituée, une chapelle bâtie sous le vocable du Saint-Cierge.
De 1 105 à 1770, dit M. de Linas, aucune voix sceptique n’osa s’élever pour révoquer en doute un fait admis pour surnaturel par quiconque professait le catholicisme. Malheureusement à cette dernière époque, l’esprit philosophique vint déclarer la guerre à la confrérie de N.-D. des Ardents, porta un coup terrible à cette association, et la révolution n’eut plus qu’à disperser les pierres du monument pour consommer la ruine. Un fragment seulement du Saint-Cierge put être sauvé.
En ce même temps vivait un ermite de l’ordre de Saint-Benoît, nommé Baudoin de Boile, et qui mourut en Angleterre ; la sainte Vierge lui apparut dans sa pauvre cabane et lui ordonna de jeter les fondements d’un monastère. En se levant, il raconte sa vision à ses deux disciples, qui lui dirent : « Nous n’avons pas de quoi manger, comment bâtir un monastère? » Nouvelle apparition, nouvel ordre de bâtir, nouvelle résistance de ses disciples ; enfin, troisième vision de la sainte Vierge, mécontente qu’il n’ait pas mis la main à l’œuvre. Il n'hésite plus alors, commence la construction et, tous les matins, il trouvait dans sa cellule de quoi payer ses ouvriers.
Vers l'an 1113, un moine de Cîteaux, qui avait pour la sainte Vierge une dévotion plus fervente encore que ses confrères, fut ravi en extase et il vit les divers ordres de l’Église triom-
CH. XIII. - CULTE
phante, les esprits célestes, les martyrs, etc., et tous les ordres religieux. Étonné de n’y pas voir l’ordre de Cîteaux, il en témoigne son étonnement à la sainte Vierge, qui, voulant lui montrer que les cisterciens lui sont plus agréables que tous les autres, ouvrit son manteau, d’une ampleur prodigieuse, et lui lit voir sous ce manteau une innombrable multitude d’hommes et de femmes ayant appartenu à sa société h
Vers l’an m6, la sainte Vierge alimente les moines du monastère cistercien de Denain.
A cette époque, les apparitions se multiplient d’une manière prodigieuse et prouvent ainsi la recrudescence du culte de la sainte Vierge.
En ii 17, il y a avait à Crémone un enfant de quelques mois seulement; un jour sa mère l’entendit dire très-distinctement qu’il avait vu la bienheureuse vierge Marie debout devant le trône de Jésus-Christ, son fils, qu’elle priait de révoquer la sentence de sévérité que, dans sa juste indignation, il avait prononcée contre la famille d’Adam.
Saint Bernard, l’élève brillant de la sainte Vierge, a beaucoup écrit en son honneur; aussi obtint-il la faveur de la voir. Un jour, une statue de la sainte Vierge présenta miraculeusement son fils à ce grand saint et fit distiller sur ses lèvres quelques gouttes de son lait. Il paraît qu’il fut trois fois favorisé de cette lactation surnaturelle. Parmi les huit cents religieux que saint Bernard avait rassemblés autour de lui, on distinguait un des plus humbles frères convers, nommé Didier, qui se faisait surtout remarquer par sa dévotion envers la sainte Vierge ; aussi mérita-t-il à son heure dernière de la voir au milieu d'un cortège d’esprits célestes et de l’entendre lui adresser des paroles de consolation. Saint Bernard avait connu ce fait par révélation.
On rapporte au 14 avril 1133 l’apparition de j Notre-Dame à sainte Lidwine.
En 1148, la sainte Vierge apparaît à Fastrède, second abbé de Cîteaux, dans le pays de Cambronne, en Hainaut.
En 1149, le bienheureux Guy, fils d’André de Baudemont, qui, par humilité, ne voulut jamais être que frère convers et qui avait eu toute sa vie la piété la plus filiale pour la sainte Vierge, la vit à ses derniers moments près de son lit et prête à recevoir son âme.
La pieuse mère de saint Thomas de Cantorbéry (1119 + 1170), fille d’un émir de Syrie, convertie à la foi chrétienne et amenée en Angleterre par Gilbert, alors prisonnier et esclave des Sarrasins, inspira dès l’enfance à Thomas Becket, son fils, la crainte de Dieu et une tendre dévotion pour la sainte Vierge. Marie lui apparut une première fois pour lui montrer combien cette dévotion lui était agréable. Une autre fois, Thomas, étant fort jeune et en compagnie de jeunes gens aux propos légers, souffrait singulièrement de leurs conversations. Ses camarades lui demandèrent quelles étaient ses bonnes fortunes, et il leur répondit : « J’aime une puissante et noble dame, et je suis sûr d’être payé de retour. » Il entendait parler de la reine du ciel; mais après avoir réfléchi à cette réponse, il la trouva un peu légère et en demanda pardon à la sainte Vierge, qui lui apparut en lui disant : « Répète à tes amis que c’est moi que tu aimes et, pour le leur prouver, montre-leur le présent dont je veux te gratifier. » C’était une belle chasuble rouge qui annonçait à saint Thomas qu’il serait prêtre et martyr.
Saint Liguori mentionne une troisième apparition de la sainte Vierge à saint Thomas, à l’occasion de la réparation de sa tunique qu’il faisait très-maladroitement et qu elle lui rendit en bon état.
Saint Godric, ermite en Angleterre, connut par | une révélation divine Thomas Becket, son élévation sur le siège de Cantorbéry et les épreuves qu’il aurait à traverser. Un jour, comme il priait