P. Sausseret, I
cachait sous l’humble habit de religieux la noblesse de son origine, il était du sang royal de France. La sainte Vierge se fit souvent voir à lui. Dans une de ses visions, d’affreux démons, sous la forme d’horribles chiens noirs, s’efforçaient de l’empêcher d’arriver jusqu’à la reine des anges. La sainte Vierge l’appela et le remplit de joie.
Dans une autre circonstance, après un voyage, prosterné à l’autel de Marie, il y priait pour ses péchés et pour toutes les fautes qu’il avait pu commettre dans ce voyage. La sainte Vierge lui apparut en personne et prononça sur lui, ainsi qu’il le raconta lui-même à son supérieur, l’oraison que 1 on fait sur les religieux qui viennent d’accomplir un voyage.
On raconte que le bienheureux Amédée de Savoie, évêque de Lausanne (1 158), reçut un gant de la sainte Vierge. Sa sœur religieuse, voulan obtenir de lui les homélies qu’il avait écrites pour Notre-Dame, lui aurait envoyé pour le décider un gant blanc de laine que Marie lui avait donné; alors seulement l’évêque se dessaisit de son manuscrit. Ce gant fut longtemps conservé dans la cathédrale de Lausanne.
Adam de Saint-Victor avait toujours témoigné un grand zèle pour la gloire de Marie. Un jour après qu’il eut composé une hymne en l’honneur de cette Vierge, elle lui apparut et lui rendit avec une bienveillance ineffable le salut que le poëte venait de lui adresser.
En 1190, la sainte Vierge se fit voir la nuit au milieu d'une grande clarté à un poste de chrétiens qui assiégeaient Ptolémaïde et leur promit que dans quatre jours ils seraient maîtres de la ville, ce qui eut lieu en effet. Vers le même temps elle apparut en Palestine à un malade nommé Cusson, l’exhorta à se rendre digne du bienheureux séjour et le conduisit elle même dans l’éternelle patrie.
A cette époque vivaient dans l’ordre de Cîteaux deux nobles et saintes femmes. La sainte Vierge apparut plusieurs fois à l’une d’elles nommée
CH. XIII
CULTE
Juette qui avait été mariée, et qu’elle protégea contre les sollicitations coupables d'un de ses parents.
La seconde nommée Q/lsceline. parente proche de saint Bernard et dont le nom est inscrit au martyrologe romain, disait chaque jour 300 QÂve Maria et 1,000 le samedi, et récitait chaque jour sept fois le psautier de la Vierge ; en récompense la sainte Vierge lui apparut avec saint Jean-Baptiste.
En l’an 1200 un saintprètre, disant une messe de la Vierge, fut attaqué par les Albigeois pendant qu’il était à l’autel. Ils lui tirent subir d’affreux traitements et lui coupèrent même la langue. Ainsi mutilé, ce saint prêtre se retira à Cluny; mais Marie avait vu ce qu’il avait souffert à cause d'elle et, un jour d’Epiphanie, elle se présenta à lui et lui remit une langue avec laquelle il s’empressa de la louer et de la glorifier h
La sainte Vierge apparaissant à sainte Gertrude lui enseigna à lui donner le nom d’un lis dont elle a la pureté. oAve Maria , candidum lilium.
Emeric , frère du roi de Hongrie et héritier présomptif de la couronne, avait pour habitude de lire tous les jours l'office de la Vierge quelles que fussent les affaires dont il était chargé. Plein d’amour pour la mère de Dieu, il avait fait vœu d’imiter sa virginité. Cependant à force d’importunités on le fit consentir à un mariage. Tout était prêt pour la cérémonie, les convives à table, lorsqu’il se rappelle qu’il n’avait pas consulté la sainte Vierge. Il demande la permission de s'absenter quelques moments, court à l'église et se met en prière. A None la sainte Vierge lui apparaît et lui reproche de lui préférer une épouse moins belle et moins digne de lui. Dès qu’il fut remis de son émotion et de sa honte, il s’échappe et, fuyant non-seulement les flambeaux du mariage, mais les délices de la cour, il se