Orsini
CH. XIII
CULTE
Après l'Orient, l’Italie a eu la première le bonheur d’être visitée par le christianisme: à Rome, Sainte-Marie-in-Transtevère, qui, bien qu’on en ait dit, a reçu depuis les temps les plus reculés le nom de la Vierge, devint le but de la visite des habitants et des étrangers ; il en est de même de Sainte Marie-Majeure. Dans les temps moins anciens, nous trouvons des monuments qui prouvent que les basiliques de la sainte Vierge étaient les plus fréquentées de toutes et que ce culte d’un commun accord est le plus ancien et le plus répandu h
En Espagne, où Notre-Dame del Pilar , érigée, dit-on, par saint Jacques, nous trouvons Notre-Dame de Monserrat , Notre-Dame de Tolède où Alphonse IX déposa la bannière de la sainte Vierge, sous laquelle il avait remporté la grande victoire sur les musulmans; Notre-Dame de l'Olivier en Portugal; Notre-Dame de Lampadouÿe entre Malte et l’Afrique sur un îlot désert, mais dont la lampe entretenue tour à tour par les chrétiens et les musulmans demeura perpétuellement allumée pendant des siècles2.
En France, lorsque la montagne escarpée qui fut le dernier boulevard du druidisme fut consacrée à saint Michel, la grotte de Belen particulièrement vénérée par les druides se transforma en une délicieuse chapelle dédiée à l'étoile des mers, à Marie, protectrice des matelots 3. Les plus célèbres pèlerinages de la France sont : le Puy-en-Velay, Roc-Amadour, dans le Quercy, Notre-Dame de Liesse en Picardie, de la Garde à Marseille. Il faudrait des volumes pour décrire les nombreux pèlerinages de l’Allemagne, de la Pologne et surtout de la Belgique. Là, comme partout, c’est la mère du Sauveur qui a toujours le saint privilège d'attirer à elle les hommages les plus édifiants 4. Nous signalerons Maria-Zell en Autriche, Notre-Dame d’çAffighem , Notre-Dame d’O/H^enberg...
A la fin du xme siècle, qui fut l’époque la plus