F. Clément, Histoire de la musique , p
le Limbourg (près de Liège), nous présente le drame des mages; il suit l’Évangile, s’en écartant quelquefois sous l’influence contemporaine; ainsi on y voit la sage femme et les bergers qui, rencontrant les mages , les conduisent dans l'étable de Bethléem ; on y trouve indiquées les actions des personnages et les paroles qu’ils chantaient.
Anastase donne aux processions la désignation de litanies comme nous lisons dans la vie d ’Honorius (626) : Decrevit ut per omnem hebdomadam sabbato die exeat litania ad beatum (Lippolinarem et ad beatum Petrum apostolum cum hymnis et canticis populus omnis occurrere debeat. Cette identité de’ terme vient sans doute des litanies qu’on récitait dans les processions et qui ont fait prendre la partie pour le tout.
On ne trouve dans les monuments des premiers siècles aucune formule de litanies qui puisse être comparée à ce que nous appelons aujourd’hui de ce nom. Un ancien sacramentaire romain porte seulement que dans certaines processions on chantera cent fois Kyrie eleison ; sainte Justine, selon ce que rapporte saint Grégoire de Nazianze, invoquait la sainte Vierge et la conjurait d’intercéder pour elle : virginem Mariam supplex obscecrans ut periclitanti virgini suppetias ferret b
On a dit, à tort, que le pape saint Grégoire avait institué les litanies; saint Irénée, disciple de saint Polycarpe (170), affirme que de son temps on disait les litanies qu’on appelait une supplication. Saint Ambroise rapporte leur institution aux temps apostoliques; elles étaient récitées dans l’église d’Orient, en 263 ; l’usage en était si fréquent, du temps d’Anastase, qu’à Constantinople les fidèles les chantaient même la nuit.
Dans les plus anciens conciles on fait mention des litanies.