LE SAMEDI
La consécration du samedi à la sainte Vierge est fort ancienne. Guillaume Durand prétend que cette dévotion a pris naissance dans une église de Constantinople, où se trouvait son image qu’un voile recouvrait entièrement. Or ce voile à la sixième férié, ou le vendredi, s’éloignait de l’image miraculeusement, il s’élevait en l’air pour livrer l’image aux regards du peuple. Le samedi soir, après le chant des vêpres, le même voile redescendait et demeurait baissé jusqu’au vendredi suivant. Ce miracle, vu publiquement, fixa l’attention et on décida de chanter tous les samedis l’office de la sainte Vierge.
« La consécration de ce jour à Marie, dit l’abbé Barbier, a une autre base très-solide : c’est que le Seigneur étant mort et ses disciples s’étant enfuis, la foi resta exclusivement fixée en Marie, qui n’a jamais douté de la résurrection et qui n’alla pas au tombeau comme les autres femmes. »
ROSAIRE
On ne saurait douter qu’une grande partie des succès apostoliques de saint Dominique n’aient été produits par l’établissement du saint Rosaire, institué par lui , illustré par des miracles et gratifié par les papes d'une infinité d’indulgences.
Dans tous les temps, dans toutes les religions, nous retrouvons l’usage de répéter souvent la même prière, car il est instinctif à l’homme de supposer qu’une prière insistante a plus de pouvoir pour fléchir la Divinité qu’une prière isolée. Ces répétitions ne sont-elles pas d’ailleurs
ROSAIRE
dans l’essence de notre nature ) Voyez les petits enfants qui commencent à peine à balbutier et qui demandent la répétition de l’histoire qui leur a plu. Les rimes dans la poésie, les refrains des chants populaires indiquent le charme de ces répétitions, et expliquent comment nous sommes arrivés à redire sans cesse la Salutation angélique (voy. à I’Annonciation). Cette répétition a pris le nom de Rosaire, chapelet, couronne et psautier. Pouvait-on mieux faire que de répéter cette prière si courte, si belle et d'ailleurs tout évangélique O
D'après le Bréviaire romain, le rosaire est une formule de prière dans laquelle nous distinguons quinze dizaines d’odve Maria , entremêlées de Tâter , et à chacune de ces dizaines ou décades, nous faisons mémoire des mystères de la Rédemption par une religieuse méditation -. La couronne ou le chapelet est un nombre défini de salutations angéliques, ou pour mieux dire la répétition de cette prière dix fois; chaque dizaine étant précédée d’une Oraison dominicale. On a souvent compté soixante-deux ou soixante-trois ou même soixante-douze c Ave Maria, se réglant pour ce nombre sur celui des années que la sainte Vierge a passées sur la terre et pour lequel on n’est pas d’accord3.
Cette prière est excellente par sa brièveté. Nous prions, en effet, non pour nous instruire, mais pour nous distraire des soins et soucis du monde. Saint Thomas dit qu’une prière ne doit durer que le temps nécessaire pour exciter la ferveur ; mais quand elle dépasse celte mesure, de telle sorte qu’on ne peut la continuer sans ennui, il faut l’arrêter.
Les trois cinquantaines d’c 4ve Maria séparés à chaque dizaine par un Tâter rappellent les mystères du Christ et de sa mère , mystères joyeux, douloureux et glorieux proposés à la méditation des fidèles.
x. C’est la plus fréquente que récitait le pieux auteur de ce livre et la dernière qui se soit échappée de ses lèvres au moment de quitter la terre.