‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 389 sur 458 · L’abbé Pascal · texte numérisé non relu

L’abbé Pascal

2, Trombelli, IV, 222.

restituer ses biens mal acquis, et il mourut catholiquement 1.

L’abbé Orsini donne à l’origine du chapelet une très-gracieuse origine. Avant de prendre l’habit des frères mineurs, un religieux de l’ordre de Saint-François avait l’habitude de faire tous les jours une guirlande de fleurs dont il couronnait une image de la sainte Vierge. Ne pouvant, dans son couvent, continuer cette pratique de dévotion, il fut au moment de quitter l'habit. Mais comme il était dans cette pensée, Notre- Dame lui apparut et lui ordonna de substituer à la couronne de fleurs la couronne spirituelle du chapelet.

Ses noms. — Cet instrument, dont l’usage nous ramène à de si douces prières, a reçu différents noms. On l’appelle la tresse ou la couronne de roses, le psautier de la sainte Vierge, la quinzaine sacrée et le rosaire.

Il est dit le psautier parce que de même que l’on compte cent cinquante psaumes de David, de même on suit cent cinquante oAve Maria. Le psautier de Marie a remplacé celui de David pour ceux qui ne le savaient pas ou ne pouvaient ni le lire ni le comprendre.

Le nom de rosaire est donné depuis deux siècles à cette formule de prières. Par extension, par métaphore, selon les uns, ou en souvenir de la légende, selon d’autres, nous assimilons le chapelet à un de ces bouquets odorants dont les fleurs sont symbolisées par les grains de couleur qu’unit un fil de soie ou de métal. N’est-ce pas en prenant ce mot à la lettre que les dominicains ont peint sur les cloîtres de leur monastère de la Minerve, à Rome, le rosaire sous la forme d'un rosier )

Notre terme français de chapelet parait tout d’abord s’écarter de ces données pieuses du rosario italien. Cependant, quoique moins explicite, il a au fond la même signification et trouve son équivalent dans la corona des

i. Molanus, H in. imag. sac., ia-40, p. 72. 1771, sur la 1 puissance du Rosaire.

CH XIV

CULTE

Italiens. Au moyen âge on disait une chapelle de fleurs, comme maintenant nous dirions une couronne. Chapelet est le diminutif de chapelle h Un rosaire est un lieu planté de roses. Comme le poëte latin1 2 3 a dit: Biferique rosaria Pœsti, « les rosaires de Pæstum qui produisent deux récoltes ». C’est par une métaphore que nous appelons rosaire une formule de prières qui se composent de roses mystiques, telles que l’Oraison dominicale ou la Salutation angélique, disposés dans un certain nombre et ordre. On ne peut trouver étonnant qu’on ait choisi plutôt la rose que toute autre fleur, car la rose s applique facilement à une couronne; c’est ainsi qu’Anacréon parle d’une couronne de roses. La rose, par son agrément, sa bonne odeur, sa beauté, peut être appelée le type de la louange de Dieu.

Bénédiction. — Un chapelet est bien plus précieux quand il est bénit par le saint-père. Il comporte deux sortes de bénédictions. La première est simple, elle se fait par une courte prière et le chapelet est aspergé d’eau bénite. Tout prêtre peut faire cette bénédiction. La seconde est privilégiée. Elle a lieu sur les chapelets auxquels est attachée une indulgence. Le prêtre ne peut indulgencier un chapelet sans en avoir reçu une autorisation particulière de l’évêque ou du pape4.

Fête. — L’Église apporte son autorité pour la récitation du chapelet et non-seulement elle approuve ce mode de prière, mais elle l’enrichit même de grâces et d’indulgences pour exciter le zèle des fidèles5.

C’est ainsi que parmi les fêtes particulières en l’honneur de la sainte Vierge on compte celle du Rosaire ou de sainte Marie de la Victoire, instituée par Pie V, à l'occasion de l’insigne victoire de Lépante, remportée sur les Turcs.

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