Miechovich, II
ROSAIRE
pourtant que les usages mentionnés ne furent que les rudiments du chapelet et que saint Dominique est l’instituteur du rosaire, tel qu’il existe aujourd’hui1.
Les Bollandistes au 7 avril racontent que saint Aybert ou saint Albert, qui mourut en 1140, fléchissait les genoux cent fois par jour et se prosternait cinquante fois en disant chaque fois QAve Maria , c’est-à-dire en tout cent cinquante oAve Maria. On parle d'un jeune homme qui, bien que resté dans le monde, disait cent cinquante fois la Salutation angélique.
Mabillon nous apprend qu’Odon, qui fut élu évêque de Paris en 1196, recommandait à ses prêtres d’exhorter les fidèles à réciter le Pater, le Credo et Y oAve Maria.
XIIIe SIECLE.
Au xme siècle, saint Césaire raconte beaucoup de grâces obtenues par la récitation du rosaire. Les protestants pourront nier les miracles, mais non le fait de l’usage du rosaire au xme siècle2.
On lit dans Alain de la Roche qu’un certain Italien, qui passait pour un usurier, avait tous les vices , mais une seule vertu qui consistait à réciter tous les jours le rosaire de la sainte Vierge, comme saint Dominique le lui avait appris. Étant près de mourir, il eut une vision dans laquelle il vit, d’une part, saint Michel archange plaçant dans un des plateaux d’une balance tous les biens que cet homme pouvait avoir faits , et d’autre part les démons plaçant dans l’autre plateau tous ses méfaits, qui étaient infiniment plus lourds et entraînaient la balance de ce côté. Réfléchissant à ce qu'il voyait et tout étonné, il vit bientôt arriver la sainte Vierge qui s’approcha du plateau renfermant ses qualités et qui était tout en haut : elle y plaça son rosaire et aussitôt le plateau, fléchissant sous ce poids., fit relever le plateau chargé des vices. Ce malheureux homme, réveillé de son sommeil, s'empressa de confesser toutes ses usures, de