‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 397 sur 458 · Sermon I · texte numérisé non relu

Sermon I

vous, ô mère de mon Dieu, tous ceux qui embrasseront sincèrement la foi h »

Saint Athanase (296 + 373) dans un discours sur l’Annonciation. — « Disons-lui, disons-lui sans cesse : Et maintenant écoutez-nous, ô fille de David et d’Abraham, prêtez l’oreille à notre supplication; n’oubliez pas votre peuple, ne nous oubliez pas, nous qui sommes de la maison de votre Père. »

Saint Épiphane (310 x 403). — Discours sur les louanges de la Vierge Marie, mère de Dieu :

(i Salut, pleine de grâce, Vierge ornée de toutes les vertus, et qui avez porté une lumière inextinguible, une lumière plus brillante que le soleil, Salut, pleine de grâce, vase d'or qui renfermez la manne céleste... Salut, pleine de grâce, dont la splendeur l’emporte sur celle des chérubins, trône de la Divinité. Que dirai-je encore? par quelles louanges pourrai-je vous célébrer, car vous êtes au-dessus de tout. Il n’y a que Dieu qui soit au-dessus de vous, vous êtes plus belle que les chérubins, que les séraphins, que toute l’armée céleste. »

Saint Grégoire de Nazianze (328-389) : — « Auguste souveraine, Vierge bienheureuse, qui maintenant, dégagée de la fange terrestre, habites les palais des cieux, revêtue d’un manteau d’immortalité, et, comme Dieu ne connaissant point la vieillesse, prête une oreille bienveillante à mes supplications... Je te chante un hymne de louanges : Salut, ô Vierge pleine de beauté, Vierge mère, Vierge plus belle que toutes les vierges et plus puissante que toutes les célestes légions. O souveraine, ô dominatrice, ô l’esprit du genre humain, sois toujours pleine de bienveillance pour les mortels... »

Saint Augustin. — Saint Augustin, s’inspirant des sentiments de son maître saint Ambroise envers Marie, lui prodigue les titres les plus glorieux, il l’appelle : a Fontaine scellée, qui a j donné pour fruit la vigne véritable; porte fermée

1 1. Discours sur l’immaculée Conception.

POESIES. — (Ve SIECLE.)

à jamais par une perpétuelle virginité; porte d’Ézéchiel par laquelle le Seigneur entre et sort; porte très-sainte ; porte du Ciel ; Reine des anges dont elle a enfanté le roi ; véritable Sion dans laquelle Dieu s’est incarné; temple de la pudeur; temple de Dieu • lit du céleste époux ; verge de la vertu divine ; verge d'Aaron, se couvrant de feuilles et de fruits ; verge de la souche de Jessé, de laquelle le Messie est sorti comme une fleur; étoile répandant la lumière ; vierge rendue fé- | conde par l’esprit saint; vierge bienheureuse et vénérable, vierge choisie dans l’univers entier; vierge que le Seigneur a préparée pour luimême et par qui le salut a été donné au monde; vierge perpétuelle; vierge très sainte; vierge si belle que Dieu l’a choisie pour son épouse; la vierge enfin ; elle possède la plus haute dignité de la terre. »

Sans rappeler les longs passages que le grand docteur consacre à la gloire de Marie, on peut citer de lui plus de cinquante propositions sur elle, qui sont autant de dogmes et comme les plus beaux diamants de sa couronne céleste.

a Elle était vierge, non-seulement de corps, mais d’esprit; la pureté de ses affections n’était altérée dans sa sincérité par aucune espèce de duplicité; humble de cœur, grave dans sa conversation, pleine de prudence, sobre en paroles, appliquée à la lecture, ne mettant pas sa confiance dans les richesses incertaines, mais dans la prière du pauvre, appliquée au travail, discourant avec modestie, prenant pour arbitre de sa pensée non les hommes, mais Dieu ; elle ne blessait qui que ce fût, voulait du bien à tous, honorant les personnes plus âgées qu’elle, ne portait point envie à ses compagnes, fuyait la vanité, suivait la raison, aimait la vertu. Quand la vit-on offenser, même d’un regard, ses parents ? Quand fut-elle en désaccord avec ses proches? quand a-t-elle dédaigné le pauvre? quand s’est-elle raillée d’un esprit faible ? quand a-t-elle évité la rencontre de l’indigent? elle ne connut de réunions que celles dont la miséricorde n’avait point à rougir, ni la modestie à s’effrayer ; rien de fier dans ses yeux, rien de violent dans ses paroles, j

rien d’inconvenant dans ses actions; son geste n’était pas cassant, ni sa démarche dégagée, ni sa voix pétulante. Tout son extérieur était une image de son intérieur et comme la figure de la vertu. Une maison bien tenue se reconnaît au vestibule ; on comprend qu’il n’y a rien de ténébreux au dedans, parce que la lumière qui l’éclaire brille même au dehors. Pourquoi parlerai-je de sa sobriété et de la surabondance de son zèle dans l’accomplissement de ses devoirs, quand, de ces deux vertus, la seconde a dépassé la nature et que l’autre dominait la satisfaction de ses besoins? d’un côté ne perdant jamais de temps, de l’autre redoublant ses jeûnes ; et lorsqu’elle se décidait à satisfaire cette impérieuse nécessité, elle ne prenait de nourriture que pour s’empêcher de mourir et non pour flatter son goût. Immaculée dans sa conception, vierge librement et antérieurement à toute révélation de la maternité future, vierge perpétuelle qui a mérité par la piété de la foi de concevoir et d’enfanter sans le secours de l’homme, mère de Jésus-Christ et en même temps mère des hommes, réparatrice de la faute d’Eve l. »

Tel est le brillant portrait que trace saint Augustin de la sainte Vierge, portrait dont aucun peintre n’est parvenu à rendre les touches poétiques et vivantes.

Ve SIÈCLE.

Saint Pierre Chrysologue. — Saint Pierre

insiste surtout sur la perpétuelle virginité de Marie, il en fait sa plus éclatante auréole. Marie était vierge, dit-il, saint Joseph était vierge, saint Jean était vierge. Il appelle Marie la reine du ciel et de la terre, la maîtresse du monde, la mère ou la source des faveurs célestes ; le salut de la femme, parce que, la première entre toutes les femmes elle a reçu le Christ. Sans Marie la mort n’est pas mise en fuite, la vie n’est pas recouvrée, c’est par Marie que la vie a été rendue à tous les hommes.

i. Rosier de Marie, IV, 542.

CH. XV

CULTE

Saint Maxime. — Saint Maxime, archevêque de Turin, prodigue les louanges sur l’admirable et féconde virginité de Marie, et devant cette éblouissante beauté il est comme ravi en extase et il appelle les ligures les plus gracieuses pour rendre ses émotions.

Grenade, prêtre et ensuite évêque de Marseille, rend de même un éclatant témoignage à la perpétuelle virginité de Marie.

A Lyon, saint Eucher fait entendre les mêmes accents.

Nous pourrions citer encore parmi les docteurs qui ont le plus admirablement glorifié la sainte Vierge, saint Cyrille d’Alexandrie1 (-j- 444). Saint Vincent de Lérins (-f- 450).

Saint Proclus. — Saint Proclus (+ 446) évêque de Cyzique, chantait ainsi ses louanges :

3 Par quels éloges célébrerai-je dignement cette admirable chasteté? Elle est le sanctuaire auguste de l’innocence, elle est l’arche dorée au dedans et au dehors, c’est-à-dire sanctifiée de corps et d’esprit. Elle est cette belle épouse des cantiques. Elle est le jardin tout fleuri, elle est la gloire des vierges, la joie des mères, l'appui des fidèles, le diadème de l’église, l'étendard de la piété, la règle de la vraie foi, la défense de la vertu, l’appui delà justice, le domicile de la Trinité sainte2, s

Saint Basile. (+ 458). — « Quelle voix sera donc assez éloquente pour chanter à Marie des hymnes dignes d'elle? de quelles fleurs merveilleuses de louanges lui tresserons-nous une couronne, car c’est d’elle qu’a germé la fleur de Jessé qui nous embellit de gloire et d’honneur 3 ? «

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