Intrant et pueri regalia tecta tenelli
Haut vario certe digestim picta colore,
Sideris obsequio tanti sed rite polita.
Proni vestigiis figeâtes oscula prolis,
Orantes preculis, humili quoque voce profusis, Trino cœlestem venerantur rnunere regem,
Hune hominemque Deum désignantes moriturum. Qui mox, in somnis moniti sub tempore noctis,
Ad patriam læti redeunt, per dévia ducti.
His ita digestis, Herodes, pessimus hostis, Augusti jussu Romam deducitur ergo,
Quo vel purgaret, lex ut romana doceret,
Criminis imposita de magni se cito culpa,
Vel capitis pœnam juste pateretur amaram ; Namque reus majestatis dicetur herilis
POÉSIES
ennemis, est conduit à Rome par l’ordre d’Auguste, soit pour se justifier, suivant la loi romaine, de l’accusation d’un grand crime, soit pour en payer de sa tête la juste punition. On le disait coupable de lèse-majesté, et c’est justement que ce soupçon plane sur un homme qui par une ruse de renard cherche à faire tomber dans ses embûches le fils divin du roi du ciel. Je crois en effet que c’est par un ordre céleste qu’il a été forcé d’aller alors à Rome pour que le Christ pût en son absence satisfaire à toutes les prescriptions de la loi.
Au bout de quarante jours l’enfant est porté au temple, reçu et béni par Siméon et prophétisé par sainte Anne ; et les parents reviennent à Bethléem.
Deux ans étaient à peine passés que l’ennemi revenant de son exil roulait dans son esprit ce que lui avaient dit les mages qui avaient vu la brillante étoile d’un roi nouveau-né. A son retour il s’informe si les mages sont revenus pour lui rendre compte de leur visite ; on ne peut lui répondre et dans sa rage il ordonne le massacre des enfants de Bethléem, espérant y envelopper le Christ ; alors Joseph averti en songe conduit en Égypte la mère et l’enfant.
Pendant le voyage la sainte famille s’arrête dans une grotte, elle est bientôt environnée de serpents terribles ; les serviteurs de Joseph ( pueri Joseph) à cette vue sont frappés de terreur. Mais l’enfant Jésus se soulève du giron bien-aimé de sa mère, et, plein de douceur, il se dresse sur
Et merito talem patitur jam suspicionem,
Qui cupit insidiis, vulpino corde paratis Prolem celestis divinam perdere regis.
Hoc nam divino nutu factum fore credo,
Quod tune percerte Romam mandatur adiré Quo, sibi subtracto, legis mandamina cuna-ta Plenius in nato complerentur cito Christo.
682. Nam post hæc binis mansurnis pœne repletis, Hostis ab exilio veniens- perversus amaro, Quod dixere magi, volvebat mente dolenti, Senati stellam regis vidisse decoram.
71 x, At puer e gremio matris surrexit amando, Jésus, sacrans stabat mitis quoque plantis Contra frendentes turbata mente dracones,
ses pieds en menaçant la troupe frémissante des dragons qui tombent aussitôt adoucis.
A cette vue Joseph et la sainte mère du Christ sont effrayés, puis rassurés par ces paroles que leur adresse celui qui voit au fond des cœurs :
« Quoique mes membres délicats soient ceux d’un petit enfant, je puis cependant beaucoup par la puissance divine qui adoucit devant moi la rage des bêtes féroces. » Les lions, les panthères, domptés par cette voix, s’approchaient de l’enfant et de Marie. Le Christ la rassure en lui disant qu’ils ne veulent lui causer aucun mal. Les animaux féroces tous soumis faisaient bonne garde auprès des saints voyageurs, les accompagnant la nuit dans le désert et leur montrant la route, rappelant ces temps primitifs où les agneaux et les loups, les bœufs et les lions vivaient paisiblement ensemble.
Plus loin, Marie fatiguée se reposait à l’ombre d’un palmier ; elle désire s’en nourrir, mais on ne peut y atteindre et Joseph voyant ses outres vides voudrait trouver une source pour les remplir ; alors le Christ, couché dans les bras de sa mère, se tourne vers le palmier et lui dit : « Arbre, incline tes rameaux depuis ta plus haute cime afin que, autant qu'il lui plaira, ma mère cueille ces fruits. « L'arbre courbe ses branches devant Marie pour qu’elle en cueille le fruit ; puis le Christ leur ordonne de se relever, pour servir à le suspendre un jour. Il fait ensuite couler du pied de l'arbre une source d’eau pure où les compagnons des voyageurs viennent se
Qui subito proni ceciderunt mansuefacti.
Quare lactantes tantum tractabilis artus In me, virtutem capitis nec mente perennem ?
Vir tamen omnipotens summo sum numine pollens, Concedet atque, feras silvæ mansuescere cunctas Me coram, rabie dimissa rite priore.
793 . De te quippe meo præcepto, palmula, mando, Angélus ut cœlo veniens, dilapsus ab alto,
Tollat rite tuo ramum de vertice summo,
Nec non hune ipsum plantet mox in Paradisum;
Et tibi gloriolam super hoc jam confero tantam,
Ut post hæc summi dicaris palrna triumphi Et quisquis bello famose vicerit ullo,
I De te vincenti dicetur protinus illi :
CH. XV. — CULTE
désaltérer. Comme ils allaient partir et s’enfoncer dans le désert, Jésus dit au palmier: « J’ordonne qu'un ange descendu du ciel cueille une des plus hautes de tes palmes, ô palmier, qu’il la plante dans le paradis ; je t’environne d’une gloire telle qu’on dira désormais la palme du triomphe. « L’ange arrive, prend la palme et la porte dans les deux. Tous les assistants frappés de terreur se prosternent à terre, mais Jésus les console aussitôt en leur disant que cette palme sera plantée dans un jardin de délices. Joseph voyant la puissance de son fils lui dit que la chaleur les accable et demande qu’il abrège le voyage.
Bientôt lui apparaît la grande ville de l’Egypte, ls entrent, ils s’arrêtent devant un temple païen , dès que Marie y pénètre avec son fais, les images des faux dieux tombent à terre comme s’ils reconnaissaient que le Roi éternel, que le vrai Dieu était venu. Aphrodisius, puissant chef de la ville, apprenant ce qui vient d’arriver, y court avec ses compagnons. Les prêtres espéraient qu’il punirait sévèrement les coupables; mais loin de là, le gouverneur voyant à terre les débris des faux dieux est saisi de la grâce et dit à ses amis : « Voici le Dieu tout-puissant; adorons-le et n’imitons pas Pharaon, qui fut puni pour avoir méprisé ses ordres. » Il se précipite aux pieds de Marie. »
Tels sont les principaux passages de ce poëme saxon qui nous fournit un curieux spécimen de la dévotion envers la sainte Vierge et
Ad palmam magni venisti namque triumphi.
835'. Tune est impletum, fuerat quod carminé dictum Olim percerte modulantis talia prophetæ.
Ecce super levem Dominus veniet cito nubern,
Pro cujus sancta facie docet omnia nempe Ægypti subito conquassari simulacra.