O laudanda tuæ virtutis gloria, Christe
O miranda sacræ semper mutatio dextræ Qui nutu tacito potis es disponere cuncta...
Quarante vers suivent et rappellent les principales actions de la vie de Notre-Seigneur.
( OEuvres d' Hrotsvitha. publiées par le Dr Ba racle. Nuremberg, Bauer et Raspe, 1858.)
de la littérature du xe siècle ; nous ne l’aurions pas rapporté si nous n’avions pensé intéressant de montrer la vogue des évangiles apocryphes à cette époque et la piété qui inspirait à une princesse de mettre en vers des légendes glorieuses pour la mère de Dieu. D’après le texte qu’on a pu lire au bas des pages, on a dû s’étonner de trouver dans le siècle de fer une poésie latine aussi remarquable. Il y a sans doute trop de vers empreints de tournures barbares , mais d’autres à côté offrent un style facile, prompt et qui atteint quelquefois à la véritable élégance.
Voici encore une poésie rapportée par M. Félix Clément :
« Verge d’airain de notre première mère Eve, Marie s’avance rose fleurie.
« Elle se lève comme Lucifer au milieu des astres, belle entre tous comme la lune.
« Elle répand une odeur plus suave que tous les baumes, les senteurs et les thyms.
« Pourpre comme la violette, rosée comme la rose et blanche comme les lis : choisie par le Père éternel pour que son divin fils prît une chair incorruptible dans le sein d’une Vierge immaculée.
« Legrand Gabriel annonce de nouvelles joies, l’arrivée sur la terre du Roi éternel et salue ainsi sa mère : « Je vous salue, Marie, mère grande et divine de mon Seigneur, pleine de grâce, vous êtes bénie et devenue reine de la terre, vous enfanterez le Roi éternel. »
a Ærea virga primae matris Evæ florens rosa processif Maria.
« Oritur ut Lucifer inter astra ætherea perpulchra ut luna.
« Fragescit ultra omnia balsamæ, pigmenta et thymiamata
« Purpurea ut viola, roscida ut rosa, candens ut lilia.
« Patris summi quam elegit proies Deica ut assumeret carnem incorruptam ex virginis carne incorrupta.
« Celsus nuntiat Gabriel nova gaudia, æterni regis exortum in terra matremque ejus ita salutat :
« Ave, Maria, Domini mei mater aima cœlica, plena gratia. Tu benedicta regens in secula paries effecta orbis Regina.
POÉSIES
a Comment puis-je enfanter, dit-elle, puisque je n’ai point d’époux depuis que je suis née et toujours je suis restée vierge ?
« Ne craignez pas, répond l’ange, le Saint- Esprit descendra dans votre chaste sein et fécondée par lui vous enfanterez un homme-Dieu.
« O vraiment sainte et digne de notre amour, de vous est venu notre rachat, le salut du monde et la vie véritable.
« O mère de notre Dieu, recevez nos prières, en ce jour oh vous êtes montée dans les demeures célestes.
i Vous êtes chère au père, vous êtes la sainte mère de Jésus, et devenue le temple du Saint- Esprit.
« Fecunda ergo, inquit, quomodo esse queam cum virum non agnoscam? Ex quo sum nata, sed semper permanens Virgo pudica.
« Ne timeas, respondit angélus, sanctum pneuma descendet in te casta quo fecundata paries Deum et homineni una.
« O vera sancta atque amanda ex qua est orta redemptio nostra, salus quoque mundi veraque vita.
« O Dei nostri genitrix pia suscipe nostra hac die precata in qua es assumpta ac cœli claustra.
«Tu es enim Patri cara; tu es Jhesu mater aima, tu sancti spiritus es templum facta.
« Douée de toute beauté, vous êtes l’épouse de Dieu, la mère du Christ Roi, la dame du ciel et de la terre; car aujourd’hui les bataillons de la cour céleste viennent au-devant de vous et vous enlèvent vers les palais étoilés.
« Jésus lui-même, s’empressant d’aller avec les anges au-devant de sa mère, vous a placée avec lui pour l’éternité sur un trône élevé.
« Déjà vous régnez avec Dieu, dans votre clémence écartant de nous les maux, et demandant tous les biens. « Notre bienveillante médiatrice, vous êtes après Dieu notre première espérance et vous nous représentez auprès de votre bis pour que nous participions tous aux joies de la cour céleste. Alléluia, u
« Tu es Dei pulchra sponsa, tu regem Christum enixa, Domina es in cœlo et in terra.
« Hodie namque curiæ cœlestis tibi obvia agmina te assumpserunt ad palatia stellata.
« Jhesus et ipse festinus tibi matri cum angelis occurrens sede superna secum locavit in secula.
« Jam cum Deo régnas nostra excusa clemens mala poscens cuncta bona, 6 benigna mediatrix nostra es, post Deum spes prima, tuo nos filio représenta;
« Ut in poli aula læti jubilemus omnes. Alléluia.
(F. Clément, Hist. de la musique } p. 275-)
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