V. CULTE
POÉSIES DU XIe AU XIIe SIÈCLE.
XIe SIÈCLE.
dater du xie siècle nous remarquerons une modification importante dans la poésie religieuse, qui abandonne la manière pompeuse et monumentale de l’antiquité romaine pour adopter des vers plus brefs, plus rapides, moins prodigues de verbes et plus abondants en épithètes brillantes. A travers ces changements, comme à travers les nimbes translucides des miniatures du moyen âge qui laissent apercevoir des objets au delà, partout et toujours nous découvrons l ardent amour des chrétiens pour la sainte Vierge. Sous la toge romaine, sous la tunique carlovingienne ou sous la cape du xne siècle, nous le reconnaissons sans cesse. Le
langage change, mais la dévotion à la sainte Vierge reste la même.
Saint Pierre Damien (p88-{-i 072), qui appartient presque encore au xe siècle, nous a laissé des vers en l’honneur de la sainte Vierge que nous empruntons au beau recueil deM. F. Clément 1 :
« Que la terre tout entière se réjouisse; que les deux retentissent d’actions de grâces, qu’ils entonnent des hymnes devant le lit de la Vierge;
« Cette Vierge qui possède le Verbe dans son sein devient la porte du paradis; celle qui a rendu Dieu au monde nous a ouvert le ciel.
« Bienheureux enfantement! affranchie de la loi imposée à Eve, elle a conçu sans le secours de l’homme, et elle a enfanté sans douleur.
« Le sein fécond de Marie a porté la rançon du monde, et nous nous glorifions d’être délivrés d’une dette accablante.