‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 454 sur 458 · Trois anges à droite saluent le trône · texte numérisé non relu

Trois anges à droite saluent le trône

« Tous ceux qui sont fortement entraînés par l’affection de ceux qu’ils aiment tiennent à ce que leurs traits soient gravés dans leur esprit comme sur un tableau et que ce qu’ils ont pu faire de grand reste fixé dans la mémoire; or je pense que nous avons une commune affection pour la Vierge et que ce que je vais dire s’adresse à tous. Si dans les paroles de Marie, dont il sera question, il y avait quelque chose qui vous parût froisser quelque peu les convenances, sachez que tout ce que la Vierge a dit a été inspiré par le Saint-Esprit1. »

Paris, 187. Rome, 137. (PI. LXXV.) — Titre en or : Départ de la Vierge pour le temple , afin d'y porter la pourpre.

Image : Première ligne. La sainte Vierge, assise, met des pelotes rouges dans une corbeille que lui présente l’enfant rouge2. Deuxième ligne: La sainte Vierge, devant sa maison, porte un livre d’or de la main droite et donne de la gauche une corbeille avec des pelotes à l’enfant, disposé pour le voyage, avec tunique retroussée. Cette tunique, rouge, retroussée, en laisse voir une seconde blanche par-dessous.

« On pouvait voir alors la reine tenant en main les insignes de la dignité royale et les embrassant comme des dons précieux consacrés à Dieu. Mais nous ne pouvons voir de nos yeux ce vêtement de pourpre qu’elle tissait avec sa chair et d’une manière ineffable, pour le Roi et le Seigneur de toutes choses. Le Verbe revêtait la forme de notre nature et la Vierge n’en savait rien. Cependant la Vierge vivait accompagnée de ses vertus; elle songeait à l’entretien extraordinaire qu’il lui faudrait avoir avec Siméon, le grand prêtre; car Zacharie avait perdu l’usage de la parole. Siméon savait bien des choses merveilleuses sur la Vierge ; mais Zacharie en con-

1. Note du traducteur : Il est fait ici allusion à un entretien qu’on a imaginé avoir lieu entre Joseph et son épouse, quand il trouva celle-ci enceinte. Les écrivains, en négligeant la vraisemblance, n’ont pas toujours assez respecté la sainte Vieige et le bienheureux Joseph.

?. Au Vatican, bleu.

CH. XVII. — CULTE

naissait beaucoup plus; et son témoignage ne pouvait être comparé à aucun autre. Ainsi Marie ne craignait rien pour sa pureté ; mais sa pudeur souffrait d’être obligée de s’adresser à un homme étranger. «

Paris, f° 189. Rome, 139. — Titre en or : Voyage vers le temple.

Image : La sainte Vierge a ouvert un livre. Elle marche; l'enfant rouge la précède avec un paquet au bout de son bâton.

« Seigneur, toi qui, dans ta bonté, as déjà mené à bonne fin les choses qui se sont accomplies en moi ; toi qui as conservé ta servante à l'abri de tout reproche, continue de m'accorder ta bienveillance et guide-moi au milieu des difficultés qui me menacent. O mon créateur, qui des anciens justes a été jugé digne de recevoir des dons pareils aux miens? Quelle est la vie qui pourrait être comparée à la mienne ! Que te rendrai-je pour tânt de bienfaits ? C'est en ces termes que Marie s’adressait à Dieu avant d'aborder l'entretien du grand prêtre.

a Cependant le grand prêtre, à l’approche de Marie, éclate en actions de grâces. O quels biens mes yeux peuvent contempler aujourd’hui? O vigne qui donne des fruits sans être arrosée, qui est fécondée par le Saint-Esprit. 1

Paris, f° 193. Rome, 142. — Titre en or : Remise de la pourpre.

Image : La sainte Vierge prend la pourpre dans la corbeille que lui tend l’enfant et la remet entre mains du prêtre.

a O ouvrage élégamment et soigneusement exécuté, dit le grand prêtre en recevant des mains de la Vierge le voile qu’elle a fait avec crainte et joie. En même temps il s’avance audevant d’elle; puis il célèbre à haute voix les grandeurs de Marie : O Marie, le Seigneur Dieu a exalté ton nom, et tu seras bénie dans toutes les générations.

« En ces jours, Marie, se levant, s’en alla promptement vers la montagne; elle avait été retenue par un travail nécessaire, celui du voile

du temple; mais un violent désir la poussait à aller voir sa cousine Elisabeth. Elle se rendit de la maison de Joseph à la demeure du grand prêtre, puis de là chez Zacharie, enfin avec joie auprès de sa cousine. *

Paris, 196. — Titre en or : Son départ du temple vers Elisabeth.

Image : La sainte Vierge, précédée de l’enfant et portant un livre d’or. L’enfant, vêtu de bleu, porte la corbeille vide.

« Elle se réjouissait en voyant l’accomplissement de ses prédictions. Son entretien avec le grand prêtre lui avait ôté la parole; mais elle l’avait recouvrée en connaissant son bonheur inespéré. Elle s abandonnait alors à la joie; mais sa plus grande, sa seule joie, c’est qu’elle porte dans son sein le Verbe revêtu de chair, le dispensateur de toute joie, la volupté qui n’est jamais rassasiée.

« En ces jours, Marie se levant de la maison de Joseph, où sa vertu la retenait constamment, l’Evangéliste dit : » Elle s'est levée, et non pas

— elle est sortie — pour vous indiquer la permanence du repos de la Vierge.

« Elle qui avait coutume de rester cachée dans sa demeure comme dans un sanctuaire, se rend chez le grand prêtre, puis se hâte vers la montagne en s'adressant ainsi à Dieu : « Seigneur, « grâce à toi qui me diriges, je n’accordais à « mes yeux que ce qu'il leur fallait voir, ils se « bornaient à contempler ta magnificence. Con- « servant mes oreilles pures de toute souillure, « je les tenais prêtes à recevoir tes divins pré- 1 ceptes. Ma langue et mes lèvres s’exerçaient à « dire tes louanges, et je cherchais à spiritua- « liser ma nature corporelle. Rien de terrestre n n’a jamais détourné mon âme de toi et j’ai pris « l’habitude de diriger toutes mes facultés vers « la contemplation de tes divins attributs. »

Paris, f°2oo, § 16. Rome, 147, r°. (PL LXXV.)

— Titre en or : Repos de la Vierge sur la route.

Image : Jardin planté d’arbres et de riches

HOMELIES DU MOINE JACQUES

végétaux; l’enfant rouge *, monté dans un arbre, cueille des fruits et les donne à la sainte Vierge. Une femme 2, nue à mi-corps, cachée dans un pli de terrain, lui tend les bras. Un fleuve coule à ses pieds.

« Et la terre, comme si elle se glorifiait de sa propre fécondité, semble s’écrier : « Voilà mon « rameau le plus florissant ; voilà le fruit de ma a fertilité, par lequel je serai délivrée de la k peine de porter des épines et purifiée des in- « fâmes idoles. » Partout où elle passe, la sainte Vierge est reçue avec des acclamations de joie; c’est qu elle porte en elle Celui qui délivrera le monde des fautes du genre humain, qui portera le lourd fardeau du péché.

Paris, f° 203, § 17. Rome, 149, r°. — Titre en or : Salut et embrassement d’ Elisabeth et de la sainte Vierge. — Tressaillement de saint Jean- Baptiste.

Image : Zacharie, assis à droite, réfléchit. Une femme en robe noire avec écharpe rouge lui parle. Au milieu3, l’enfant rouge. Sainte Elisabeth (manteau verdâtre, robe brune) embrasse la sainte Vierge ; par derrière, plusieurs jeunes filles. Une partie de l’inscription de Paris, coupée par un relieur maladroit, existe encore à Rome.

« Et il se fit que, lorsque Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, — fait nouveau, admirable, étranger aux lois de la nature. Le bruit de la salutation a retenti à des oreilles qui ne pouvaient encore entendre la voix. La voix de la Vierge, par la vertu de celui qui habitait dans son sein vierge, a frappé l’enfant encore renfermé dans le sein de sa mère.

« Élisabeth, que les tressaillements de son fils Jean avaient inspirée de l’esprit de grâce, s’écria : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrailles; et d’où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur me visite !

« Puis, après les premiers transports de joie et

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