Dictionnaire de la conversation
vierge, qui est venue rappeler la justice exilée du monde.
Le musée Campana possède une multitude de terres cuites1 provenant de la Crète et représentant Rhea et Jupiter enfant sur ses genoux. — Ce groupe, si on n’en connaissait l’origine païenne, satisferait merveilleusement au programme de nos madones. — Le trône, la pose de l’enfant sur les genoux de la mère, y conviennent très-bien ; ce qui est plus singulier, c’est que l’histoire dont ces statuettes rappellent le souvenir, cet enfant divin poursuivi par Cronos qui le veut mettre à mort, cet enfant auquel on substitue un simulacre pour le soustraire à la rage du persécuteur, Rhea adorée de toutes les nations antiques comme la mère des dieux, tout cet ensemble constitue un rapprochement singulier avec l’Évangile, la fuite en Égypte, le massacre des innocents. Ne pouvons-nous donc saluer dans ces représentations une sorte d’image prophétique de Marie?
Lord Arundell de Wardour, dans le Month d’avril 1877, publie un article intitulé : « Nigra sed formosa », dans lequel il montre qu’Apollon ou le soleil est une figure du Christ2 : ( Orietur vobis timentibus nomen meum sol justitiæ) , et que par conséquent Latone, déesse de la nuit, est celle de Marie. — Son alliance avec Jupiter, ses voyages, ses embarras au moment de donner le jour à Apollon, le serpent python, sont autant de traits de ressemblance. On voit encore sur un vase grec sa représentation et celle du serpent3.
1. Sous les nos 181, 185", 186, voyez cette figure représentée dans l’Art pour tous . 9e année.