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3. Msr Malou, Iconographie de V Immaculée Conception. Bruxelles, 1836.
veur que Joachim et un ange lui annonça la fin de sa stérilité. Joachim, après que l'ange qui lui avait parlé eut disparu, se mit en marche pour regagner sa demeure; de son côté Anne était déjà en route pour le rejoindre. Les deux époux se rencontrèrent à la Porte dorée, se firent mutuellement part de ce qui leur était arrivé et s’embrassèrent dans l’excès de leur bonheur.
Telle la scène que figure notre manuscrit; une muraille, une tour et une grande porte ouverte sont tracées dans le fond. Sur le devantles parents de la sainte Vierge se saluent. Saint Joachim a les cheveux noirs, une tunique bleue; sainte Anne un manteau brun-rouge, une robe bleu clair. Il n’y a de filets d’or que sur le manteau de sainte Anne.
Cette belle miniature est attribuée à Ménas.
Une seconde peinture, tirée du même manuscrit à la date du 9 décembre, représente le même j fait, par Michel Micros; on voit au fond du tableau, à gauche, une montagne ; à droite, une charmante architecture, maison, treille, etc., et sur le devant saint Joachim et sainte Anne s’embrassant. Saint Joachim a les cheveux grisonnants, une robe bleu clair, un manteau gris tirant sur le jaune; sainte Anne, voile et manteau rouge ponceau, coiffe bleu clair, robe grise. Dans cette belle peinture, les tètes ont beaucoup d’expression, les mains et les pieds bien dessinés sont convenablement attachés; on reprocherait un peu de dureté dans les plis. Des hachures d’or couvrent tous les vêtements, excepté la robe de sainte Anne. Les tiges des petits arbustes sont en or, celle du gros arbre, d’un vert foncé.
En rencontrant ici pour la première fois ce magnifique manuscrit qui reparaîtra souvent devant les yeux du lecteur, nous devons donner quelques lignes à son histoire et à sa description.
Écrit par l’ordre de l’empereur Basile Porphyrogénète, orné de peintures des saints, il évita les injures du temps et fut apporté de Constantinople à Ludovic Sforza, duc de Milan. Conservé ensuite dans la famille Sfondrato, il fut donné à Paul V par le cardinal de Sainte-Cécile
CH. I. — IMMACULEE CONCEPTION
Sfondrato. Le pape le plaça dans la bibliothèque apostolique du Vatican.
L’empereur Basile, à qui on attribue le ménologe, n'est pas le Macédonien qui vivait en l’an 886; c’est le Porphyrogénète qui vécut un siècle après l’autre : ce qui le prouve surtout, dit Ughelli, c’est qu’au 17 des calendes de janvier, il est question de sainte Théophane, première femme de l empereur Léon, tils de Basile le Macédonien, et d’autres saints qui ont vécu longtemps après cet empereur.
La moitié seule du manuscrit était conservée; celte lacune fut comblée pour le texte au moyen de la bibliothèque particulière de Clément XI, très-riche en ouvrages choisis de toute langue. Il y avait à peine dix-sept ans que cette traduction était faite, qu’on retrouva la seconde partie du texte dans les manuscrits du monastère de Grotta-Ferrata. Quant aux miniatures, nous n’avons malheureusement pas retrouvé le second volume; mais celui qui reste contient 430 images peintes par les plus célèbres miniaturistes du temps de Basile et dont les noms sont inscrits dans les marges. Ce sont : Pantaléon, Siméon, Michel de Blaquernes, Georges, Ménas, Simon
de Blaquernes, Michel Micros (le petit) et Nestor.
C’est un des livres les plus importants de la calligraphie illustrée du moyen âge; toutes les miniatures sont sur fond d’or, elles ont ora, 16 de largeur sur oro, 10 àom,n de hauteur1.
Le manuscrit lui-même a om,36 sur om,28; il est écrit en or sur parchemin. Il contient pour chaque jour, pendant six mois, du ier septembre à la tin de février, un récit succinct de la vie des saints et saintes vénérés dans l’église grecque. Le récit occupe une partie de chaque page et une miniature qui en reproduit l’un des faits occupe l’autre partie ; et comme il y a des jours qui réunissent la fête de plusieurs saints, il en résulte le nombre des illustrations que nous avons indiqué plus haut.
Le cardinal Albani a publié ce manuscrit en 1727; ses gravures sont fort médiocres. Celles données par d’Agincourt sont très-exactes, mais en petit nombre.
Nous terminerons cette notice par l’indication de quelques sujets de miniatures les plus remarquables avec le nom des artistes à qui elles sont dues et qui se trouvent ainsi réunies dans une sorte de concours.