L’abbé Auber, t. ]. p
I 2, L’abbé Auber, p. 148^ Revue de l’Art chrétien.
CH. I. — IMMACULÉE CONCEPTION
Au xvie siècle on a commencé d’adopter, pour sujet de l'Immaculée-Conception, une figure de sainte Vierge entourée d’attributs. Cependant on n’avait pas encore renoncé à la Porte-Dorée, car un tympan de la porte d’une église construite à Paris, carrefour de la Croix-Rouge au xvne siècle et qui fut consacrée sous le titre du Saint- Sacrement et de l 'Immaculée- Conception , représentait saint Joachim et sainte Anne à genoux, recevant la bénédiction de Dieu le Père. A la rencontre, sous la Porte-Dorée, Molanus préfère l’image gravée en tête d’un livre écrit par Judocus Clichtow 1.
Représentation de l'Immaculée-Conception, d’après une gravure du Missale diœcesis Coloniensis.
Une jeune fille couverte de son manteau est debout dans une grande lumière, les mains jointes pour la prière 2. En haut du tableau Dieu le Père apparaît dans une lumière plus vive encore; tout autour sont figurés des tours, des arbres, un puits, un jardin, une ville, etc. Chacune de ces figures est accompagnée d’une légende sur laquelle on lit : Tota pulchra es arnica mea. — Macula non est in te. —
x. J. Durand.
3. Judoci ClichtovL Neoportuensis de puritate conceptionis B. M. Virginisj liv. II, in-4r. Paris, 1513, la 2e éd.
Electa lit sol. — Pulchra ut lima. — Porta cœli Cedrus exaltata. — Puteus aquarium viventium. — Hortus conclusus. — Plantatio rosarium. — Virga Jesse. — Stella maris. — Sicut lilium inter spinas. — Turris David. — Spéculum sine macula. — Oliva speciosa. — ' Fons hortorum. — Civitas Dei , etc. h
C’est à ce type que se rattache la vignette cijointe, dont nous devons le dessin à M. Alberding-Thym, qui nous l’a envoyée d’Amsterdam. Elle est tirée du Missale Diœcesis Coloniensis 2 . livre imprimé en caractères hollandais. Le fond de cette charmante composition est niellé de petits points blancs sur noir, disposés avec une certaine régularité et suivant les différentes silhouettes du dessin.
Je ne sais pas déplus poétique ni de plus vraie manière d’imaginer l'Immaculée-Conception ; cette solitude de Marie au milieu des attributs de son incomparable virginité, solitude recueillie loin des êtres animés, sous l'œil de Dieu, rend parfaitement l’idée mystique dont il s’agit. L’éclat du soleil, la chaste lumière de la lune, l’étoile des mers qui ne brille que loin des orages, la porte, le rempart d u ciel qui défendent la pureté, l’onde fraîche du puits, l'onde jaillissante de la fontaine dont aucune souillure ne trouble la la transparence, les cèdres, les arbres qui ombragent de leurs rameaux la bienheureuse Vierge ; les lis, les roses du jardin fermé qui naissent sous ses pieds, enfin les légendes, cette peinture abstraite si bien en rapport avec le sujet, remplissent ce petit tableau de charme et de poésie. Tout ce que la Bible a trouvé dans la nature de plus suaves comparaisons pour peindre la pureté, se trouve accumulé autour de Marie ; cette peinture, plus écrite que dessinée, est à la fois dogmatique et pieuse; elle appartient véritablement au moyen âge.
Un vitrail de l'ancienne église abbatiale de la Trinité de Vendôme représentait l'Immaculée- Conception sous les traits que nous venons de