Edition de
ICONOGRAPHIE
décrire. La sainte Vierge y apparaissait vêtue d’un manteau blanc, les mains jointes devant la poitrine, et dans l’attitude de la contemplation; elle était entourée des inscriptions et des emblèmes que nous avons rappelés tout à l’heure.
Les heures de Simon Vostre, dont la dernière édition de 1518 est sur parchemin, renferment dans leurs nombreuses vignettes tous les sujets en vogue au commencement du xvie siècle. Sainte Anne, debout au-dessous de Dieu le Père sur des nuages , entr’ouvre son manteau et laisse apercevoir Marie à peine conçue portant autour de sa tête le nimbe de la sainteté et environnée d’une auréole de gloire; pour compléter l’image de Marie, l’auteur place sur les genoux de la future mère de Dieu, encore dans le sein de sa mère, le Verbe fait chair avec le nimbe crucifère. La figure de sainte Anne est environnée d’inscriptions de symboles, de banderoles avec des passages de nos saintes Ecritures, semblables à ceux que nous venons de lire dans la gravure de Clichtow et qui nous rappellent le glorieux privilège dont jouit la Vierge Immaculée.
Ces gracieuses images trouvent dans les lettres apostoliques de Pie IX sur l’Immaculée-Conception une similitude de pensées remarquable.
Les prières qui accompagnent cette gravure viennent aider à l’expliquer. Celle qui était stérile enfanta, la nature est dans l’étonnement, l’enfer est dans la stupeur en voyant la Vierge naître exempte de toute souillure. Puis empruntant les paroles de l’Écriture pour l’appliquer à Marie : Les abîmes n’étaient pas et déjà j’étais conçue 1. On voit que l’anathème ne pouvait avoir d’effet rétroactif, ne pouvait atteindre celle dont la conception précédait les temps. Ainsi donc Marie dans le sein de sa mère est déjà considérée comme mère de Dieu et porte en elle le divin enfant.
Un des bulletins de la Commission historique du Nord, reproduisant un triptyque de Lille du commencement du xvie siècle, représente sainte Anne portant dans ses bras Marie enfant qui,