‹ La Sainte ViergeChapitre 1002 sur 1187 · DARMSTADT · texte numérisé non relu

DARMSTADT

Le musée de cette ville conserve un autel portatif qui a la forme d’un coffret à couvercle plat; on voit sur les faces, sculptés en haut-relief, le Sauveur, la sainte Vierge et différents saints. Ces petites statuettes, d’un modèle assez correct, présentent de la régularité dans les attitudes et de l’expression dans les visages, et cependant on ne saurait faire remonter la date de l’exécution au delà des premières années du xiT siècle.

Ce n'est pas tout ce que nous offre le riche musée de Darmstadt, dont les trésors ont été mis si obligeamment à notre disposition par M. Hoffmann, inspecteur des galeries. Nous devons noter plusieurs couvertures de livres très-intéressantes. Sur l’une d’elles le xvie siècle a enchâssé, dans un petit temple à fronton, des ivoires du xne, et entre autres une madone louant Notre-Seigneur en compagnie de saint Jean, — ' la scène du Deïssous des Grecs. La sainte Vierge relève avec ses bras les plis de son manteau par un geste d’adoration. Elle est nimbée et chaussée ; elle porte deux tuniques. Les bordures de ses vêtements, et notamment celle de la première tunique , sont ornées de broderie. Les plis sont grossièrement indiqués par une suite de coups de poinçon.

11 existe dans le même musée un charmant monument qu’on pourrait presque dire élevé à la gloire de Marie ; c’est un petit temple rond à plusieurs étages. L’étage inférieur est décoré dans son pourtour d’arcades plein cintre, soutenues par des colonnes dont le fût est peint et historié. Sous chaque arcade est une figure de saint ou de prophète, sculptée en relief, qui se

CH. XIII. — ALLEMAGNE

DIVERS

détache sur un fond doré. Une toiture en forme de pyramide tronquée joint cet étage inférieur à l’étage supérieur qui est d’un moindre diamètre ; elle est divisée en autant de compartiments qu'il y a d’arcades et soutient une seconde ordonnance d’arcatures ; enfin l’édicule est terminé par une sorte de lanterne également décorée de ligures et de bas-reliefs. Ce genre de coffrets était sans doute inspiré par la forme du saint sépulcre dont les croisés rapportaient à chaque instant les réminiscences en Occident. La sainte Vierge s’y trouve reproduite plusieurs fois, dans le bas lorsqu’elle reçoit les hommages des rois mages, dans le haut à la scène de la Nativité. Cette sculpture est attribuée au xie ou xnc siècle et rappelle fidèlement par le style le coffret du Louvre et la châsse de saint Yvet au musée de Cluny L

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