‹ La Sainte ViergeChapitre 1015 sur 1187 · Purchardi gesta W itigowonis. — Labarte, I · texte numérisé non relu

Purchardi gesta W itigowonis. — Labarte, I

3. Wœrth, Monuments d’art du moyen âge chrétien dans les provinces rhénanes. — Pl. XXVII. Leipzig, 1857. I11-40.

j Atlas T.

CH. XIII. — ALLEMAGNE. — DIVERS

Le riche trésor d’Essen possède une croix d’or de om,45 de hauteur, au bas de laquelle existe un émail cloisonné de forme quadrangulaire de om,o6 sur om,o4 représentant la sainte Vierge avec l’enfant Jésus sur les genoux et à ses pieds une femme vêtue de blanc qui tient une croix ; une inscription est tracée sur le fond vert du tableau par les minces bandelettes d’un cloisonnage d’or. Dans une première ligne, au-dessus de la tète de la madone on voit quelques lettres dont la forme est incertaine, puis très-distinctement une M et à la suite trois caractères superposés dont la forme est très-équivoque, mais où il nous a semblé voir un T, un X et un I. Les quatre lettres nous ont paru former par abréviation Mater Christi. A la droite de la sainte Vierge on lit en deux lignes superposées : Mahthild d/lbba et au-dessous deux signes dont la figure peut laisser des doutes, mais qui nous semblent exprimer le chiffre II en caractères romains.

Un savant allemand, interprétant chaque signe et faisant de chacun de ceux de la ligne supérieure l’initiale d’un mot, a lu : oAccipe lias liostias : largire Virgo Maria , Mater Jesu Christi Mathildi abbatisse libationem. M. Labarte croit que cette abbesse fut la troisième de ce nom qui présida à l’administration du couvent et qui vécut dans le dernier quart du xie siècle L

i. Labarte, I, 84-386.

Le monument le plus intéressant que nous trouvions à Essen est une madone qu’on vénère encore et qui date de la tin du xie siècle. Elle est assise et tient l’enfant Jésus sur les genoux; ce groupe, qui a ora,75 de hauteur sur om,25 de largeur à la base, en bois de chêne, est couvert de minces feuilles d’or. La mère du Sauveur a sur la tète un voile qu’assujettit une couronne d’or à quatre fleurons chargée de pierres fines et de perles, délicieux bijou, échantillon bien rare de l’orfèvrerie romane ; elle offre à l’enfant Jésus une pomme d’or faite de filigranes et de pierreries ; les lèvres, les yeux de la sainte Vierge et ceux de l’enfant sont exécutés en émail cloisonné translucide avec une grande délicatesse ; elle a autour du cou une chaîne 'émaillée. Jésus tient un livre de la main gauche et prend de la droite la pomme que lui offre sa mère; il a la tête ceinte d’un nimbe crucifère enrichi d’émaux cloisonnés. La sainte Vierge porte une longue robe et un manteau agrafé sur la poitrine- [par une fibule qui figure un aigle. Ce groupe dans son ensemble a du style et de la majesté ; mais il n’annonce pas encore un art bien avancé ; les visages modelés d’une façon asser. correcte manquent d’expression. (Pl. CXLIII.)

M. Labarte l’attribue à la fin du xie siècle, quoiqu’en Allemagne on regarde cette statuette comme un présent d’Othon Ier (973-983) 1.

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