‹ La Sainte ViergeChapitre 104 sur 1187 · FARFA · texte numérisé non relu

FARFA

Le pays où s’élève la célèbre abbaye bénédictine de Farfa, s’appelait dans l’antiquité cAcusium et oAcu^ianum ,et prit ensuite son nom de la rivière qui l’arrose. Cette abbaye fut fondée au ve siècle par le saint évêque Laurent le Syrien, qui s’était réfugié en Italie avec sa sœur Suzanne et deux compagnons, Isaac et Jean , fuyant la persécution d’Anastase, empereur arien. Après avoir bâti le monastère, il exposa dans l’église à la vénération des peuples une antique image de la sainte Vierge peinte, dit-on, par saint Luc, sur bois, avec des sucs d’herbes détrempées, de l’huile, de la cire et du miel. Quelques-uns portent la fondation de l’église au pontificat du pape Vigile, élu en 540.

En 823, on mentionne un abbé Benoît, réclamant les privilèges de son monastère dans un consistoire auquel assistaient le pape saint Pascal Ier et l’empereur Lothaire Ier; cet empereur confirma à Sicard, successeur de Benoît, les droits, les biens et les privilèges de l’abbaye.

Le désordre s’étant glissé dans le monastère, on dit qu’en 942 on y envoya des moines de Cluny pour y établir la réforme. En 1125, Adenolfo, ami de saint Bernard, en étant devenu abbé, lui demanda des moines de Cîteaux. A une certaine époque, l’abbaye obtint d’être soustraite à la juridiction de l’évêque, privilège qui lui fut confirmé par Urbain VIII, en faveur du cardinal Barberini, son neveu, qui en était abbé commendataire 1.

A ces renseignements généraux nous pouvons ajouter quelques détails intéressants sur Farfa, que le Père Abbé supérieur général des bénédictins eut la bonté de nous donner lorsque nous fûmes à Rome en 1874.

La madone est à Farfa depuis 380. La légende raconte qu’un moine de Saint-Jean-de-Maurienne la possédait, lorsque, dans une vision,

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