Moroni, Dict. di sciença eccles., XXIII
la Vierge lui ordonna de faire honorer cette image dans un endroit de la Sabine, où il rencontrerait trois cyprès. Le religieux prit d’abord la vision pour un rêve ; mais elle se répéta, et la sainte Vierge, afin de le convaincre de sa réalité, lui dit qu’il trouverait un beau pain blanc au lieu où il devait la déposer. Malgré le vague de l’indication, le religieux partit et arriva à Rome, où il reçut l’hospitalité d’une pauvre femme. Il lui exposa son embarras et lui demanda le chemin de la Sabine,- lorsqu’elle lui eut montré au lointain les montagnes bleues qui la désignent aux regards, il reprit avec confiance son voyage, qui se termina miraculeusement à Farfa. Il se mit aussitôt en devoir de construire un sanctuaire , autour duquel plusieurs compagnons vinrent bientôt se rallier.
Au vir siècle, on entendit un jour un grand bruit autour du monastère; les habitants crurent d’abord qu’on venait les piller; c’était au contraire Foroard, duc de Spolète, qui accourait avec une nombreuse escorte rendre ses hommages à la madone. Ce prince ne tarda pas à enrichir de dons magnifiques l'église de Farfa, il la reconstruisit en l’accompagnant d’un nouveau monastère et de larges dépendances pour l’hospitalité. Il fit disposer des appartements pour les empereurs, les rois, les princes; cinquante dames et trois cents pauvres pouvaient y loger. Foroard se fit religieux de Farfa, et mourut dans une maison de la même contrée. M. de Rossi, qui a vu dernièrement le monastère où le duc a été enseveli, dit que le campanile est bien du vif siècle, et ressemble, sauf les colonnettes, à ceux de Rome.
En 970, nous voyons ce monastère ainsi désigné : Monasterium S. Marie quod dicitur Farfar a 1 .
La renommée de Farfa traversa tout le moyen âge. Le pape Eugène III, qui faisait partie du couvent, y fut couronné souverain pontife. Le Père Abbé, en nous racontant cet événement,