SLESWIG
Nous avons déjà vu que Sleswig fut la ville choisie par saint Anschaire au ixe siècle comme berceau de la foi chrétienne en Danemark; nous ne répéterons pas ce que nous avons déjà dit à ce sujet.
SOROE.
Soroe, dans l'ile eeland, avait dans ses environs un monastère qui relevait de l’évêché de Roskild, et qu’avait fondé, en 1161, le saint évêque Absalon. Ce monastère se trouvait à moitié chemin du monastère de Ringstad et d’Andworskow, éloigné de part et d’autre de six à huit milles2.
TUNSTAD.
On voit à Tunstad une inscription runique
1. Olaï Wormii, Monumenta Danica } 1651, p. 4J4. Gutniska. urkender : guta idg. guta saga och Gotlands
runskrifter sprakligt lehandla. par Cari Save, 1859, ouvrage trèi-rare.
Voir aussi Lisjegren, Run-U rkunder } Stockolm, 1833, p. 206.
2. Rerurn Danic. Script. } IV, 463. Ciber donationum monasterii Sorensis.
concernant la 'sainte Vierge : maria, m. hila hila iesvs christv s hilp hakon , c’est-à-dire : << Marie, sainte mèredusaintJésus-Christ, secoure Hacon ! »
On prétend que cet Hacon , ancien roi de Norvège, avait fait construire une église en l’honneur de Notre-Dame, et que le culte y était magnifique 1.
Malgré les ravages du protestantisme, qui s’est efforcé d’effacer les moindres traces du culte de la sainte Vierge, on saisit encore le souvenir de ses fêtes ; dans les traditions populaires, on trouve des monuments qui ne sont pas anciens eux-mêmes, mais qui portent encore son nom dans des inscriptions runiques ; or, comme ces caractères cessèrent d’être en usage au xnc siècle, il nous semble que leur conservation hiératique est une preuve intrinsèque de l’ancienneté du souvenir qu’ils conservent. Ainsi l’auteur du bel ouvrage sur les pierres runiques, cite un calendrier danois où l’on voit figurer la sainte Vierge couronnée et l'enfant Jésus.
L’habitude d’invoquer la sainte Vierge était entrée si avant dans les mœurs de ce peuple, qu’on retrouve jusque sur des ustensiles vulgaires, comme des cornes à boire, cette inscription : Mater Dei memento mei.
Espérons que cette bonne mère reprendra possession d’une nation si noble et si digne d’être sa fille, à qui elle semble de sa propre main au ixe siècle, avoir donné le baptême chrétien.