Worms
SANCTUAIRES ET IMAGES
SUÈDE
i le Danemark se glorifie d’avoir eu saint Anschaire pour premier apôtre, la Suède peut revendiquer le même privilège et s’appuie sur de très-anciennes traditions. On sait que la première mission de ce saint n’avait pas suffi pour y donner de profondes racines à la foi.
Les temples qu'il avait arrachés aux idoles leur avaient été rendus, et les anciennes habitudes païennes reprenant vigueur, menaçaient de replonger le pays dans la barbarie ; c’est alors, suivant une vieille légende, que la sainte Vierge intervint pour le sauver. Un jour, sous le règne d’Eric Aarsel, le pontife au lieu de sacrifier au vrai Dieu sacrifiait aux démons, lorsque soudain, devant tout le peuple témoin du prodige, il fut frappé de cécité. Pendant son sommeil, la sainte Vierge daigna apparaître à l’infortuné et lui dit que son mal était le châtiment d’avoir substitué l’adoration sacrilège des idoles à celle de son Fils ; puis elle ajouta : « Si donc tu veux guérir, promets-moi de délaisser ce culte impie, de conserver inviolablement la foi chrétienne et de la prêcher à tous les autres. « Le prêtre se hâta de faire la promesse que demandait Notre-Dame, et, en même temps que la lumière de la foi reparaissait dans son esprit, la lumière matérielle reluisait sur ses yeux. Il bénit la sainte Vierge de cette insigne faveur et ne cessa de lui en témoigner sa reconnaissance par une inébranlable fidélité.
Jean Magnus, archevêque d'Upsal, qui, malgré tous ses efforts, ne put empêcher la fatale résolution de Gustave Wasa, de jeter la Suède dans l’hérésie, raconte cette gracieuse légende, et, au bout de son récit, il ne peut retenir cette exclamation, à laquelle nous nous associons de grand
cœur : « O Suède, ô Gothie, reconnais donc l'apôtre, la maîtresse de ta foi, reconnais la Mère du Verbe de Dieu, celle qui t’a prêché la vérité1 ! «
Nos frères séparés de Suède, s’ils veulent renouer les liens qui les attachaient jadis à la sainte Vierge, ont tout autour d’eux des monuments, beaucoup plus nombreuxqu’ils ne croient, de ce culte filial. Nous passerons ici en revue quelques-uns des plus anciens, en en négligeant une infinité que les limites chronologiques fort reculées de ces études nous obligent à écarter.
ALSKOG (Gotland).
L’usage d'orner les fonts baptismaux de basreliefs semble très-répandu chez les premiers Suédois chrétiens. Ils voulaient peut-être célébrer par ce luxe le souvenir du récent baptême de la nation. A Alskog, nous trouvons ainsi des sculptures relatives à la vie de la sainte Vierge, comme la Nativité, la Visitation, la Fuite en Egypte2, etc.
BARLINGBO.
Nous retrouvons encore ici les mêmes sujets sur des fonts qui datent de 12003.
1. Metropolis ecclesiæ Upsalen in regnis Svetiæ et Gothiæ hista diligentia Johannïs Magni Gothi sedis apost. legati. Romæ, 1557, in-40 (seconde édition en 1560).