TROKI
On vénère à Troki, depuis des siècles, une madone que la vénération a rendue célèbre ; elle porte l’enfant Jésus sur le genou droit et lui offre une fleur de la main gauche. Elle est vue de face. Le Sauveur bénit de la main gauche et tient un livre de la droite.
TRZEMESZNO.
C’est dans la grande Pologne, berceau de la nation, que l’on retrouve encore les plus anciens monuments. La fondation de l’église de Trzemeszno, petite ville du duché de Posen, remonte au temps de l’introduction du christianisme en Pologne par Dombrowska. Le premier évêque,
| nommé Sordan, vint d’Allemagne; les premiers prêtres, les premiers moines étaient Allemands, Bohèmes, Italiens. L’ordre des chanoines réguliers de la règle de Saint-Augustin de Vérone envoya quelques-uns de ses frères en Pologne; ils s’établirent dans le bourg de Trzemeszno, aux environs de Gnesne et de Kruszwica, villes prin cipales du pays. L’église a conservé jusqu’à nos jours, dans son trésor, deux calices qui, suivant la tradition locale consignée sur les anciens manuscrits du couvent, lui auraient été donnés par la fondatrice. Sur le premier, nous trouvons de précieux souvenirs du culte de Marie au Xe siècle ; c’est d'abord cette inscription dans le haut de la coupe :
Matre Deo cligna sunt hec pro virgine signa 3 Pro nostris damais lavat hune Jordaniens amnis.
On voit ensuite la sainte Vierge figurée dans l’Annonciation, où elle écoute avec respect les paroles de l’ange, qui tient de la main gauche une banderole avec ces mots : oAve. Maria , gratia plena1.
ZIROWICTZ.
Dans une forêt de la Lithuanie, à trois milles de la ville de Slonim, des bergers gardaient les troupeaux d’Alexandre Sobtano, vice-trésorier de la province, lorsqu’ils virentdes rayons lumineux sortir d’un buisson ; d’abord effrayés, ils finirent par se rassurer, s’approchèrent et s’aperçurent que la lumière émanait d’une image de la sainte Vierge, qui se tenait droite sur l’arbuste. La lumière disparut alors; ils s’emparèrent de l’image et la portèrent à leur maître. Alexandre, après l'avoir tendrement vénérée, la plaça dans un coffre et appela ses amis pour la voir avec lui; mais, en ouvrant la boîte, il ne la trouva plus ; il vit bientôt revenir les bergers avec l’image qu’ils
1. Monuments du moyen âge et de la Renaissance dans l'ancienne Pologne } depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin du XVIIe siècle par Alex. Przezdziecki et Edouard | Rastawiecki. Varsovie, 1855-58, iu-40.
SANCTUAIRES ET IMAGES
avaient reprise au même endroit. Ce seigneur comprit la volonté du ciel ; il se rendit avec les pâtres dans la forêt, ordonna la construction d'une église à l’endroit du miracle ; il embellit le nouveau sanctuaire de riches ornements et attacha des prêtres à son service.
Cette église, simplement faite en bois, ne tarda pas à devenir la proie d’un incendie, qui ne respecta que l’image. Après un moment de surprise et de joie, les bergers s’attristèrent en la voyant disparaître; mais bientôt ils la retrouvèrent à trente pas du lieu de l’incendie, placée sur une pierre avec un cierge qui brûlait devant elle sans se consumer. Une église de pierre remplaça alors celle de bois; l’image fut confiée à la garde du châtelain de Smolensk, Jean Miolesko, et donnée aux religieux basiliens en 1613. Elle fut illustrée par de nombreux miracles.
Cette image est une peinture slave byzantine; la madone tient l’Enfant sur son bras droit et échange avec lui les caresses les plus tendres ; dans le fond, à droite, on lit : MP OV , et, de l’autre côté : 12 X2. Elle est encadrée dans un médaillon ovale, sur lequel est disposée une inscription polonaise 1.
Il arriva à Rome en 1718, à l’occasion de la béatification de saint Josaphat, un événement singulier qui passa même pour miraculeux. Pendant la cérémonie, qui avait lieu à l’église des SS. Serge et Bacchus, une portion d’enduit s’écroula dans un couloir sombre attenant à la sacristie et mit à découvert une peinture exactement pareille à celle de Zirowictz. Clément XI, prévenu de ce fait, ordonna de détacher la fresque et de la porter sur l'autel, où elle est encore vénérée. (Nibby. 713.) A la seule différencede l’original, elle est dans un cadre carré et sur un fond de toile. Bombelli l’a gravée en 1793.