DE SAINT ADALBERT, PATRON DE LA POLOGNE
Vierge du Ciel, protége-nous !
Mère du Christ, Marie,
Voici ton peuple à tes genoux ;
Défends notre patrie !
De l’abîme en furie Apaise le courroux,
Vierge du Ciel, Marie.
Kyrie eleison !
O Christ, que ta sainte lumière Daigne éclairer nos yeux !
Martyrs, à notre heure dernière Conduis-nous vers les Cieux!
Donne-nous la foi dans ce monde,
Et dans l’autre une paix profonde.
Kyrie eleison!
Fils de Dieu, que le Ciel nous proclame,
Dieu sorti du sein pur de la femme,
C’est pour toi Que sa foi
Règne dans notre âme!
Le Seigneur a quitté ses domaines;
L’enfer s’ouvre à ses lois souveraines Et ses mains Des humains Ont brisé les chaînes !
Vieil Adam, patriarche des hommes, Souviens-toi de la terre où nous sommes :
Que tes fils Soient admis Aux divins royaumes !
O bonheur sans égal,
Volupté suprême !
1. Cette hymne nous a été communiquée par M. E. fait de littérature du moyen âge.
C’est Dieu, c’est Dieu même !
Et l’archange du mal Foudroyé, blasphème !
Chantons le Roi des rois !
La grâce féconde En tous lieux abonde;
11 est mort sur la croix Pour sauver le monde !
C’est pour nous, Dieu puissant,
Que tes mains divines,
Ton front ceint d’épines Ont rongé de tou sang Les saintes collines !
Le Seigneur, Dieu vivant,
Ordonne qu’on l’aime D’un amour extrême;
Et l’homme, son enfant,
Autant que soi-même !
O mère du Sauveur,
Belle entre les femmes,
Source de nos flammes,
D’une sainte ferveur Embrase nos âmes;
Dieu de gloire et d'amour,
Déjà tu nous ranges Parmi les archanges,
Qui la nuit et le jour Chantent tes louanges !
Marie, ainsi soit-il,
Très-sainte Madone ;
Par toi Dieu nous donne Après un jour d’exil Le Ciel, ta couronne ’ .
Lafond, dont ou connaît la science et le goût délicat en
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SANCTUAIRES ET IMAGES
RUSSIE
ranch em en t barbare jusqu’au xc siècle, la Russie n’a été convertie comme nation qu’à l’époque du baptême du grand-duc Wladimir ; de sorte qu’il est à près impossible de retrouver des monuments religieux au delà du xie et même du xne siècle. On comprend dès lors pourquoi ce vaste pays a pu nous fournir si peu de souvenirs pour le sujet qui nous occupe. Selon le Père Martinov dont les bons avis nous ont aidé dans cette étude, le temps où elle peut le mieux s’exercer est la fin du xne siècle. — Les madones dont nous offrons les images et la description dans ce chapitre ont la gloire de dater d’une époque orthodoxe et d’être pures du pinceau schismatique.
C’est en Crimée qu’on doit rechercher le berceau de la foi moscovite, et qu’on a chance de trouver les monuments chrétiens les plus anciens ; il existe dans les environs de Sébastopol une église dédiée à saint Clément, taillée dans le roc et qui porte le caractère d’une haute antiquité. Nous pourrions citer un camée de la collection du comte Strogonoff qui appartient certainement au vne siècle, mais il est probable qu’il fut apporté de Constantinople et ne peut fournir de témoignage ici. Au souvenir du baptême de Wladimir (988) qui eut lieu à Korsoun se rattachent beaucoup de madones qu’on vénère en Russie précisément sous ce nom. Parmi celles comprises sous cette désignation, nous en reproduisons une dans nos planches qu’on dit avoir été rapportée de Korsoun par Wladimir lui-même. La sainte Vierge embrasse le Sauveur avec une effusion, à laquelle il répond en s’abandonnant doucementà ses caresses. (PI. CLI.)
Les Grecs, qui venaient d’implanter la vraie
religion en Russie , y portèrent en même temps leurs arts, leur manière de bâtir les églises et de figurer les saints ; cette circonstance nous explique comment les plus anciennes églises russes affectent absolument les formes byzantines, et comment ce type des madones de Korsoun se répandit de tous côtés en fournissant les peintures les plus estimées. — A la suite des premiers apôtres, nous voyons arriver des architectes et des peintres grecs offrant les modèles de leur pays aux nouveaux convertis ; plus tard ce mouvement fut encore accéléré par les présents que les empereurs de Byzance et les patriarches de Constantinople envoyèrent aux princes russes, présents qui fournirent sans doute des madones à la vénération des fidèles et des types qui fondèrent l’iconographie slave , si intimement unie à celle des Byzantins.
Nous avons réuni, grâce aux excellents renseignements de M. le prince Gagarine, les plus célèbres images de la Russie, et nous suivrons, comme toujours, dans leur description, l’ordre alphabétique.
BOGOLIOUB (xne siècle).
(PL CXLVIII.) — En 1157, le prince Bogoliusbski apporta cette Vierge de Kiev à Bogolioub ; fut-elle exécutée par les écoles de peinture de cette ville, ou fut-elle transférée de Constantinople, nous l’ignorons, nous pouvons dire au moins qu’elle est d'un style tout à fait byzantin ; debout et en pied, elle lève les bras et tient une légende de la main droite, elle se tourne vers Notre-Seigneur, qui lui apparaît audessus d’une nuée. Dans le haut du tableau sont rangées cinq figures à mi-corps, c’est-à-dire le Sauveur entre la sainte Vierge et saint Jean,
CH. XV
RUSSIE