‹ La Sainte ViergeChapitre 1120 sur 1187 · Gumppenberg, XII · texte numérisé non relu

Gumppenberg, XII

partit avec son armée de croisés pour punir le crime. Mirtille sortit de Constantinople, accompagné de l'image de la Mère de Dieu, suivant la coutume des empereurs ; mais celle-ci passa dans le camp de Baudouin et amena la victoire avec elle1.

Avant de partir pour la guerre, les empereurs allaient toujours dans le temple prendre congé de la Reine du ciel. La vénération que l’on avait pour celte image datant du ve siècle était encore dans toute sa ferveur en 1207, lorsque les Vénitiens, l’ayant demandée aux Grecs pendant la domination latine, forcèrent les portes de Sainte- Sophie, où elle était déposée, et s’en emparèrent, malgré les protestations du patriarche. En 1261, lorsque Michel Paléologue eut repris Constantinople sur les Latins, à son entrée il se fit précéder de l’image vénérable qu’il avait fait retirer de l’église du Tout-Puissant, appartenant aux Vénitiens.

Enfin arriva, en 1453, la chute de cette ville, condamnée dans les desseins de Dieu, à cause de ses schismes et hérésies. Les janissaires coururent au monastère de Péra, où se trouvait alors l'image de saint Luc. Leurs mains sacrilèges la brisèrent en quatre parties et ils s’en partagèrent les débris. C’est ainsi que disparurent l'image Odigitria et beaucoup d’autres images et sanctuaires de cette ville. On avait cependant conservé des copies de l’image de saint Luc qui étaient répandues dans le monde sous le titre de « Madones de Constantinople » : par confusion on les appela images de saint Luc que trop d’églises crurent posséder.

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