TURQUIE
frères ermites de Saint-Paul, s’est efforcé de prouver que cette image avait été peinte par saint Luc du vivant de la sainte Vierge et d’après nature. Elle serait restée dans la maison même où Marie a rendu le dernier soupir et où les premiers chrétiens la conservèrent religieusement jusqu’à l'époque où elle fut envoyée à Constantinople, les uns disent par sainte Hélène, les autres par Eudoxie à Pulchérie.
On cite de nombreux miracles à son occasion. Un jour la sainte Vierge apparut elle-même à deux aveugles et les conduisit à son temple. Une autre fois, les Sarrasins assiégeant Constantinople, on exposa l'image et on supplia la sainte Vierge d’engloutir les ennemis. Une tempête s’éleva aussitôt et les hommes et les vaisseaux disparurent dans les flots. Andronic le Vieux ne dut son salut, au milieu d’une sédition organisée par son petit-fils, qu’à l’image de la Vierge, devant laquelle on le trouva prosterné. A chaque sixième férié après vêpres, le voile qui couvrait l’image était levé par une main divine, et ne s’abaissait sur la figure que le samedi soir. Depuis, au dire d’Anselme Durand, le samedi fut consacré à la Vierge U
En 867, le chef sarrasin de Tarse écrivait à Andréas, général de l’empereur Basile : « Je vais voir, quand je marcherai contre toi avec mon armée, si le Fils de Marie et sa mère te seront de quelque utilité. » Andréas suspendit cet écrit blasphématoire au cou de la bienheureuse Vierge dont il portait l'image avec lui, attendit bravement l’ennemi et le mit en déroute. On érigea sur le lieu du combat une colonne pour perpétuer le souvenir de cette victoire, exciter au culte de Marie, et apprendre à ses ennemis le danger d’écrire des lettres impies2.
Dans une autre circonstance, Mirtille, élevé par Nicétasà la première dignité du palais, assassina Alexis, fils de l’empereur, et s’empara de la couronne. Baudouin, comte de Flandres,
1. Gumppenberg, XI, 1231. — Giustiniani : Dell’ origine délia madonna di Constantinopoli o sia d’Icria ; in 8°, Roma, 1656.