‹ La Sainte ViergeChapitre 1135 sur 1187 · Id., ad XVIII julii et ad 11 augusti · texte numérisé non relu

Id., ad XVIII julii et ad 11 augusti

Du Cange signale encore les sanctuaires du palais et plusieurs autres.

Nous terminerons cette revue des sanctuaires de la sainte Vierge par l’histoire que Grégoire de Tours raconte et qu Evagre prétend s’ètre passée dans l’un d’eux : « C’était la coutume en Orient que, lorsqu’il restait beaucoup de parcelles du corps de Jésus-Christ après la communion, on appelait de petits enfants pour les leur donner. Il arriva qu’uq jour où l’on célébrait la messe dans une église de la sainte Vierge, on fit venir avec les autres un enfant juif, fils d’un verrier. Quand son père sut ce qui s’était passé, transporté de fureur, il saisit son enfant et le jeta dans la fournaise embrasée. La mère accourt pour le délivrer, mais, repoussée par les flammes, elle s’élance en criant à travers la ville. Les chrétiens arrivent en foule, écartent le feu de l'entrée du fourneau et aperçoivent l’enfant doucement couché et sans aucune souffrance. On lui demande comment il avait pu être garanti du feu, et il répond : « La femme qui tient un enfant dans les bras et qui est assise dans l’église où j’ai mangé du pain, c’est elle qui m’a couvert de son manteau pour me préserver des flammes. »

On voit, d’après cette anecdote, qu’au vi* siècle cette manière de peindre 1 Enfant dans les bras de sa Mère, qui constitue le groupe consacré, était déjà connue. De plus, il faut admettre qu’une telle peinture, pour être populaire et comprise d’un enfant, devait se trouver bien en vue et d’une grande dimension1.

Arculphe, au vir siècle, parle d’une madone de Constantinople de laquelle coulait de l’huile.

Après tant de siècles, de révolutions, de malheurs, de dévastations et de changements de

1. Grégoire de Tours, de Gl. mart ., I, 10. — Evagre, IV, 36. — Rohrbacher, IV, 283.

SANCTUAIRES ET IMAGES

gouvernement et de religion, n’est-il pas intéressant de voir encore la sainte Vierge vénérée à Constantinople, même par les ennemis du nom chrétien? L’abbé Alliés nous racontait, il y a quelques années, un fait bien remarquable à ce sujet qu’on nous permettra de rapporter en finissant. Les sœurs de la Charité avaient fait une loterie pour l’entretien de leurs écoles. Le pacha, qui avait pris des billets, gagne un lot : grand embarras dans la communauté des bonnes sœurs ; le lot était une figure de la sainte Vierge. Que faire? On prend le parti de l’en prévenir, en lui demandant ses instructions : « Qu’on me l’apporte, » répond-il aussitôt. On la lui apporte en effet, et on le trouve en grand uniforme, venu au-devant de la petite députation et recevant avec grand respect l’hommage des bonnes sœurs. On voit ici une nouvelle preuve du respect des musulmans pour la Vierge immaculée.

SALONIQUE (ou thessalonique).

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