LE MONT CARMEL
Le mont Carmel court du sud-est au nordouest, partant du Jourdain pour aboutir à la mer Méditerranée. Le promontoire qui le termine est fort remarquable et porte à une hauteur de 194 mètres au-dessus du niveau de la merle célèbrecouvent des Carmes. Les grottes dont le Carmel est percé sont innombrables ; plusieurs ermites y sont venus à diverses époques chercher la paix et l’isolement. On lit dans l’office des Carmes que, dès le premier siècle, des hommes pieux, voulant imiter la vie des prophètes Elie et Elisée, se retirèrent sur cette montagne, et que, animés d’une tendre dévotion pour la sainte Vierge qu’ils avaient eu le bonheur de voir et d’entendre, ils construisirent une chapelle sous son invocation. On fait remonter cette fondation à l’an 83. Des auteurs assurent également que le mont Carmel fut un de ceux où sainte Hélène fit bâtir une église. Mais il est difficile de prouver qu'il ait existé là un sanctuaire avant le xne siècle.
Les premiers croisés arrivés en Palestine trouvèrent l’Orient rempli de religieux. En 1209, le bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem, traça pour ceux du Carmel une règle fixe qui les consacrait au service de Marie.
Depuis les croisades jusqu’à nos jours, le monastère du Carmel était ouvert aux voyageurs de tous les pays et de toutes les religions.
Au xne siècle, le moine Phocas, visitant le Carmel, décrit les ruines d’un grand monastère qu'un vieux prêtre, venant de Calabre, avait récemment entouré d’un mur. Les croisés admirèrent la piété et la vie austère des moines qui y étaient revenus, et dont quelques-uns allèrent à Marseille fonder un couvent de leur ordre. A la fin du xvmc siècle, lorsque Bonaparte assiégeait Saint-Jean d'Acre, les religieux furent chassés, et le sanctuaire resta longtemps abandonné. En 1821, le pacha de Saint-Jean d'Acre, pour empêcher les Grecs de s’y fortifier, fit sauter avec la mine l'église et le monastère. Les musulmans eux-mêmes en eurent horreur
et applaudirent au zèle desreligieux de la Madone du mont Carmel quand ils les relevèrent de leurs ruines en 1831. Alors heureusement vient un carme, le frère Jean-Baptiste, né à Frascati, de la famille des Cassini, si célèbre en France par les services rendus aux sciences et en particulier à l’astronomie. Onze fois il part du Carmel, et y retourne onze fois, parcourant toute l'Europe et recueillant des sommes suffisantes pour construire un splendide sanctuaire à Marie.
La fête du mont Carmel est célébrée par les carmes le 16 juillet, en mémoire de la victoire qu'ils remportèrent sur leurs ennemis. Le titre de frères de la sainte Vierge dont ils s’honorent leur était contesté, et on prétendait qu'ils étaient seulement les fils de sainte Marie Égyptienne. Ils s’adressèrent à Honorius III, qui, averti en songe par la Mère de Dieu, confirma, en 1227, la règle qui leur avait été donnée par Albert, patriarche de Jérusalem.
Le nom de Carmel veut dire mont de la rosée d’Hermon L
CESAREE.
Julien l’Apostat, marchant contre les Perses, vint demander à saint Basile, évêque de Césarée (3 29 + 379) et son ancien ami, des vivres pour son armée. Basile les refusa, et Julien jura qu'à son retour il détruirait un temple de la Mère de Dieu. Saint Mercure, martyr, dont le corps était enseveli dans l'église, arrêta l'effet des menaces de l’empereur. On raconte qu’il reprit’ ses sens, se revêtit de ses armes suspendues dans le temple, partit pour l’armée, perça Julien de sa lance et revint sans être inquiété. Julien, en mourant, s’écria : « Tu as vaincu, Galiléen. » C’est à cette occasion que l’église de Césarée fut dédiée à la sainte Vierge 2.
1. Champagnac, I, 415. — Miechovich, II, 57. — Rosier de Marie, lit, 789.