‹ La Sainte ViergeChapitre 1150 sur 1187 · CH. XVI. — PALESTINE. — JERUSALEM · texte numérisé non relu

CH. XVI. — PALESTINE. — JERUSALEM

totalement de la vieille ville ou au moins à moitié.

L’incertitude est encore plus grande relativement à la vallée de Bethsaïde et à Bethsaïde de l’est. C’est un fait incontestable que Beth-' saïde de l’est et la vallée de Bethsaïde se trouvaient en dehors du deuxième mur de la ville ; mais il n’est nullement prouvé que du temps des rois de Juda la ville ne se soit pas étendue au delà de la deuxième muraille. Lors de la reconstruction, sous Néhémie, une partie de la ville a été certainement exclue de l’enceinte et, d’après ce qu’on a dit à cet égard, il est évident que la partie exclue autrefois de la ville était identique au quartier nord-est actuel. La vallée de Bethsaïde et Bethsaïde de l’est peuvent par conséquent avoir été comprises en partie dans la ville par les rois de Juda, et, de nouveau détachées par Néhémie, elles restèrent en dehors de la ville jusqu’au temps de Hérode Agrippa, mais elles ont depuis constamment fait partie intégrante de Jérusalem.

La première construction qu’on a érigée dans ce pays est évidemment la piscine de Bethsaïde, du côté de la partie nord-est du Haram. Cette construction, dans le ravin de Bethsaïde, correspondante à la largeur de la vallée, n’était pas sujette à de bien grandes difficultés. C’est par là que sur un terrain uni on a pu arriver à la partie nord-est du Haram, tandis que l’étendue et la profondeur de la piscine étaient de ce côté une protection suffisante, tant pour le temple que pour la forteresse. La piscine de cette forteresse, construite par Salomon, ou au moins par les rois de Juda, appartient essentiellement au temple et ne peut être identifiée avec la piscine de Bethsaïde dont il est question dans l’Évangile.

Plus tard, lorsque la forteresse s’étendait de plus en plus, on a encore fait une piscine pour la mieux protéger au nord-est, laquelle est appelée par Josèphe du nom de « Struthion ». Elle ne se trouve pas dans le prolongement de la piscine de Bethsaïde vers l’ouest, mais dans la vallée de Bethsaïde au nord et dans une position n.

parallèle. Cette piscine se trouvait à l’ouest de l’église Sainte-Anne et environnait un espace désert et peut-être aussi une partie du hoparium, à l’ouest de l’église Sainte-Anne, comme certains vestiges nous le font supposer. Cette piscine n’était pas aussi étendue que celle de Bethsaïde et ses traces s’effacent presque sous des remblais, de même que celle de Bethsaïde disparaîtra par suite des couches continuelles de décombres.

La piscine de Struthion ne s’étendant pas si loin à l’est que celle de Bethsaïde, il y eut à la place où la vallée de Bethsaïde se détourne à l’est, un espace libre et rectangulaire. C’est là que s’élève maintenant l’église Sainte-Anne et que s’élevait autrefois la maison de saint Joachim dans laquelle la Mère de Dieu a vu le jour. Ainsi cette maison se trouvait au talus ouest de Bethsaïde de l’est, au côté sud-ouest, déjà en dehors de la ville à l’époque du Christ.

Il n’y a plus de traces de la maison, à moins qu’on ne puisse considérer comme telles la citerne qui existe encore. La roche naturelle apparaît sur une assez grande étendue. L’église Sainte-Anne ayant déjà été suffisamment décrite par d’autres, je m’abstiens d’en répéter la description et me borne à celle du souterrain, qui est considéré comme un sanctuaire. Le souterrain au sud-est de l’église est en grande partie sous la nef latérale; la citerne cependant se prolonge jusque vers le milieu du maître-autel. Le côté ouest du souterrain, immédiatement près de l’escalier qui y conduit, consiste en petites galeries dans les substructions de l’église. La moitié du souterrain vers l’est est occupée par deux autels, un fragment de la roche naturelle et en arrière la citerne dans l’axe de cette roche. Au milieu du souterrain se trouve un passage de huit mètres de longueur et un mètre et demi de largeur. Au nord de cette allée il y a un autel d’où se projette hors du mur un gros morceau de roche naturelle. Au milieu, à l'est, dans le susdit passage se trouve, en manière de chapelle, l’autel qui est principalement considéré comme l’endroit le plus vénéré du sanctuaire; cet autel rappelle donc le lieu où la Mère de Dieu est

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venue au monde. Au côté sud-est du passage commence la roche naturelle qui surplombe un peu vers le nord-ouest et se perd dans la direction nord-est. Si l’on s’avance le long de ce rocher, on arrive par un corridor à la citerne qui se trouve juste en arrière du maître-autel; cette citerne est encore dans son état naturel du côté sudouest, où se trouve un ouvrage en maçonnerie. On remarque encore en haut deux ouvertures par lesquelles on a fait monter l'eau et le mortier qu’on trouve ordinairement dans les citernes. La pierre en saillie au-dessus de l’autel déjà nommé est un calcaire commun à Bethsaïde de l’Est, ainsi que la roche qui se remarque en terre au nord-est, tout près de l’église. La roche au sud-est, pareille surtout à celle qu’on trouve au nord et à l’est de Jérusalem, dans beaucoup de cavernes, est composée de grains de diverses couleurs, blancs, rouges, qui sont en grande partie noircis par l'humidité. La roche où l’on a creusé la citerne paraît être de cette nature de pierre, attendu qu’elle forme la suite de cette roche. Cependant, à cause du mortier, on ne peut s’en assurer.

Le sanctuaire se compose de tant de passages, détours, qu’à la première visite on a peine à s’y reconnaître; quoique la construction soit trèssimple, je veux, pour l'intelligence du plan, décrire les unes après les autres toutes les parties dont il est formé. L’escalier qui, dans la direction de l'ouest à l’est, conduit dans le souterrain se compose de seize marches et peut avoir

2 mètres de largeur. On entre d’abord dans un petit passage, dans une direction du sud au nord, lequel a environ 8 mètres de longueur et 2m,5o de largeur. Du côté nord-ouest de ce passage, on arrive à une salle un peu longue, parallèle à l’escalier et ayant une longueur de 5m,5o sur

3 mètres de largeur. Au sud de cette galerie, un escalier tournant étroit vous conduit au haut de l’église. A cet endroit, une fenêtre fait descendre quelque lumière dans ces sombres cryptes. Au pied de cet escalier, il y a l’orifice d’une ancienne citerne qui se trouve au-dessous du niveau de la citerne décrite précédemment dans l’arrière-plan

du souterrain. Les’deux escaliers sont bordés d'une rampe.

De cette allée, deux entrées conduisent dans l’intérieur du souterrain. Par l’entrée du côté nord-est de l’allée, on arrive par quatre marches dans un passage un peu long, dans la direction est-ouest. La longueur, y compris l’espace de l'autel dans l'arrière-plan, est de 6 mètres, la largeur de 2™, 50. Ce passage peut être considéré comme une chapelle indépendante. Par l’entrée du côté sud-est de la première allée transversale, on arrive de même par quatre marches dans un passage correspondant dans la direction est-ouest, dont la longueur jusqu'à l’entrée dans la citerne est de p mètres. La largeur est le plus souvent de 2m,5o ; mais elle diminue à partir de l’endroit où commence la roche en saillie. La construction de ce passage se compose de trois parties : la première, de l’entrée jusqu’au deuxième passage transversal, a 3’", 50 de longueur sur 2 mètres de largeur. La substruction du pilier correspondant entre le passage du nord et du sud a 3™, 50 de longueur sur 3 mètres de largeur. La deuxième partie du passage se trouve de deux marches plus basse que la première. Le troisième passage transversal a 8 mètres de longueur sur im,5o de largeur ; dans sa partie nord-est se trouve l’autel dont il a déjà été question. Au côté sud de celui-ci commence le roc surplombant, et au milieu, visà-vis, à l’est, on trouve le maître-autel dans une petite chapelle ouverte à l’ouest et au sud, mais fermée à l’est. Cette chapelle a 3"', 50 de longueur, de largeur et de hauteur. Au sud se trouve la troisième partie du passage, dont la longueur est de 4 mètres ; sa largeur se rétrécit ensuite de 2m,5o jusqu’à 2 mètres. A l’extrémité orientale de ce passage, on pénètre par une porte dans une allée étroite qui se détourne un peu vers le nord et finit à la citerne. La hauteur du souterrain peut avoir 4 mètres.

Le souterrain en général a un aspect trèsagréable; des pierres bien taillées forment l’ornement là où la pierre naturelle ne paraît pas. Comme dans l’église en général, il règne aussi dans le souterrain un style ogival fort simple ;

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cependant la couleur blanche des pierres ne tiendra pas longtemps, surtout lorsque la sainte grotte aura reçu les nombreuses lampes répondant aux besoins, car l'intérieur est actuellement dépourvu de tout luxe.

C’est avec intention que je ne traite pas l’authenticité de ce sanctuaire de la Conception Immaculée et de la naissance de Marie, attendu qu’elle peut être éclaircie ailleurs; je ne veux que relever deux points, afin que ce qui a été dit n’ait pas l’apparence de porter préjudice à l’authenticité. On a dit que du temps du Christ la maison de Joachim se trouvait en dehors des murs de la ville; mais cette circonstance ne plaide pas contre l'authenticité, attendu que la ville, comme on sait, s’était étendue au delà des murs de la ville, de telle façon qu’il a fallu construire un nouveau mur. On a dit encore que la piscine de Bethsaïde ne pouvait être considérée comme authentique; d’où l'on pourrait conclure que ce sanctuaire lui-même ne conserve pas une tradition authentique, parce que Jean Damascène parlait de la maison de Joachim comme voisine de la piscine probatique. On prétend aussi que l’opinion erronée relativement à cette piscine Bethsaïde ne remonte qu’à l’époque de Jean Damascène. Il est fort remarquable cependant que plusieurs objets dans le voisinage de l’église Sainte-Anne, à Jérusalem, portent le nom de Marie. La route devant cette église se nomme voie de Marie, la porte dans le voisinage s’appelle Porte de Marie, le bain à Jérusalem, Bain de Marie, la piscine en dehors de la ville, Piscine de Marie . Afin qu’on n’attache pas une trop grande importance à l’église de Marie, on fait observer que le tombeau de la Mère de Dieu dans la vallée de Josaphat a donné lieu à toutes ces dénominations.

Poursuivons. L’authenticité du sanctuaire en question est bien fondée, mais non prouvée d’une façon irréfutable; c’est avec le temps qu’on en reconnaîtra l’authenticité de plus en plus.

L’histoire de ce sanctuaire et de l’église qui s’élève au-dessus doit naturellement être passée ici sous silence, puisqu’on peut facilement être

I fixé ailleurs sur cela. L’église, sur laquelle M. de Vogué a donné beaucoup de détails, dans sa ' forme présente, est une construction des croisés, restaurée de main de maître. Il reste seulement à remarquer que, abstraction faite des six marches qui séparent le presbytère des trois nefs, on ne voit plus de marches dans les nefs mêmes. Le franciscain Alexandre Bassi soutient que les croisés avaient déjà trouvé ici une construction byzantine; il ajoute encore d’autres détails.

L’histoire de l’église Sainte-Anne n'est pourtant pas finie, car elle est encore solitaire et abandonnée comme une veuve jusqu’à ce que la diplomatie réussisse à lui donner une fête de noce. Jusqu’ici on ne célèbre le service divin dans le sanctuaire que pendant deux jours, savoir le jour de la Sainte-Anne et le jour de la fête de la naissance de Marie.

Avant de continuer la traduction du consciencieux mémoire sur les sanctuaires de Jérusalem que D. Gatt a composé pour notre livre, nous devrons dire un mot de la discussion à laquelle il fait ici allusion. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit à ce sujet à propos de la nativité de la sainte Vierge; nous voulons simplement ajouter que ces diverses opinions ne nous paraissent pas inconciliables et que saint Joachim , dont la tradition nous rappelle les troupeaux et la richesse, pouvait posséder plusieurs maisons. M. Guérin, l'illustre et modeste explorateur de la Palestine, semble pencher vers cette solution. Il nous disait, par exemple, que de nos jours encore il existe à Séphoris une tradition trèsvivante qui signale dans cette ville l’emplacement d’une maison de saint Joachim et de sainte Anne. Il y a peu de chrétiens parmi les habitants, mais ce souvenir a été reçu et conservé par la population arabe. Un étranger demandant aujourd hui à un musulman du pays de le conduire à la maison de saint Joachim trouvera le guide le plus certain et le moins hésitant. Quoique l’emplacement soit occupé en grande partie par des habitations particulières, on y voit néanmoins

les restes d’une église qui concorde avec la tradition et qui la confirme. Les trois absides qui terminaient ce sanctuaire sont encore debout ; par leurs voûtes ogivales, les moulures de leurs arêtes, par les nervures gothiques, on comprend tout de suite que rédifice date du temps des croisades, et on saisit déjà ainsi un jalon précieux de la tradition. Mais ce n’est pas tout; M. Guérin, avec sa perspicacité ordinaire, a noté parmi ces ruines des colonnes de marbre, les unes debout, les autres renversées, quelques-unes encore surmontées de leurs chapiteaux corinthiens ; ces colonnes sont monolithes et, dans leur style, accusent expressément une facture antique, car on sait que le moyen âge n'a pas su travailler les blocs énormes des anciens; elles nous révèlent donc avec une quasi-certitude la présence d’un sanctuaire élevé sur le même lieu avant les croisés, qui n’auraient fait que remettre en œuvre de vieux matériaux et continué ainsi une tradition antique.

A Jérusalem, la tradition de la naissance de la sainte Vierge est aussi très-ancienne, et quoique nous ne puissions l’appuyer sur aucun monument, elle est digne de grande attention. Lorsque M. Mauss a été chargé, après l’achat par la France de la maison de sainte Anne, de relever ce sanctuaire, il n’avait devant lui que les quatre murs. Toutefois dans les fouilles on a trouvé des fondations qui semblent fort antérieures aux croisades; on a mis au jour différents ex-voto. des jambes, des bras, souvenirs de guérisons miraculeuses ; il est résulté aussi de ces fouilles que la piscine probatique n’aurait pas été dans le lieu auquel on l’a attribuée jusqu’ici, mais dans une enceinte qui enveloppait la maison de sainte Anne elle-même.

Reprenons la traduction du beau travail de D. Gatt.

A la place de l’église Sainte-Anne ou du lieu de l’immaculée Conception et de la naissance de .

Marie, se trouve le Haram, qui contient trois sanctuaires de la sainte Vierge. Là se trouvent, au sommet du rocher, la mosquée de Ben-Aissa et le berceau du Christ. Le sommet de la roche même peut bien ne pas être considéré comme lé sanctuaire de la sainte Vierge, puisque l’opinion que la Mère de Dieu avait un privilège particulier de mettre le pied dans le lieu sacré n’est évi* demment pa ssoutenable.

La moitié de la partie orientale correspond au vestibule des femmes, dans lequel la sainte Vierge Marie présenta son divin Enfant dans le temple et offrit en même temps le sacrifice de la purification. Là même, le vieillard Siméon prit l’Enfant dans ses bras et prononça ces belles paroles : Nunc dimitte.

C’est pour cela que du temps des croisés, à la fête de la Purification de Marie, à proximité de la coupole de roche appelée alors temple du Seigneur, le patriarche de Jérusalem, ou en son absence le prieur du Saint-Sépulcre, célébrait en grande pompe. On remarque encore là, aujourd’hui, un petit reposoir que les musulmans appellent le trône de la sainte Vierge Marie.

La mosquée de Ben-Aissa doit être considérée comme sanctuaire de la sainte Vierge par deux raisons : i° parce que cette mosquée renferme, d’après toute probabilité, l’église de cérémonie de l’empereur Justinien, qui était destinée au mystère du sacrifi ce de Marie ; 2° parce que la Mère de Dieu, encore selon toute probabilité, a passé sa jeunesse à la place où s’élève cette mosquée. La tradition de la consécration de Marie à l’âge de trois ans dans le temple est incontestable. Il est bien entendu que pendant ce séjour la sainte Vierge n’a pu demeurer dans le temple même, mais dans un bâtiment contigu.

La tradition regarde l’espace où s’élève la mosquée de Ben-Aissa comme la place où se trouvaient cet appendice du temple, le palais de Salomon et la haute école juive. On a de justes raisons de considérër la mosquée de Ben-Aissa, par ce double motif, comme un sanctuaire de la sainte Vierge. Cependant ces deux opinions ont aussi quelques contradicteurs; l’opinion sur-

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tout qui confond la mosquée de Ben-Aissa avec l’église de la Présentation a été récemment combattue en Angleterre, en France et en Allemagne. Je n’ai pas l’intention d’entrer dans ces discussions; je fais observer seulement que jusqu’à présent rien de concluant n’a été avancé contre les deux opinions traditionnelles. Je passe outre à la description et à l’histoire de la mosquée de Ben-Aissa, parce qu’on peut facilement se procurer ailleurs un éclaircissement sur ce sujet; j’observe encore qu’une indulgence plénière est attachée à ce sanctuaire, preuve que l’Église reconnaît la tradition.

Le dernier sanctuaire de la sainte Vierge au Haram est le berceau du Christ ; ce berceau se trouve dans une chambre de la tour, dans la partie sud-est du Haram, en contre-bas. Cette chambre a environ 8 mètres carrés et io mètres de hauteur; au mur méridional, une sorte d’auge en marbre, sur laquelle s’élève une coupole supportée par quatre colonnes, est couchée horizontalement par terre; elle est considérée par les musulmans comme le berceau du Christ, et cette tradition remonte au moins à l’époque des croisades. Il s’agit de savoir ce qu’était cette auge, qui ne me paraît aucunement le berceau du Christ. Il y avait là sans doute autrefois l’une des deux statues d’empereurs dont parle le pèlerin de Bordeaux.

Cette tradition, en un certain sens, ne manque pas de vraisemblance et peut s’expliquer ainsi : à cette place ou non loin de là se trouvait la demeure du vieillard Siméon, qui, après la présentation au temple, hébergea pendant quelque temps la sainte famille; cet endroit a donc servi de demeure à ces hôtes augustes et peut être considéré comme sanctuaire de la sainte Vierge.

Au dehors du Haram, mais dans son voisinage, se trouve la quatrième station où s’élevait autrefois l’église de Sainte-Marie-du-Spasimo. La tradition actuelle regarde le nord de cette place comme l’endroit de la quatrième station et le bain ouvert du sultan comme le reste de l’église de Sainte-Marie-du-Spasimo ; ces endroits font face au sud à la maison des pèlerins autrichiens. Il

n’y a pas là de ruines douteuses de la susdite église, le bain délabré du sultan étant évidemment dans toutes ses parties une construction sarrasine. Cependant l’église peut avoir existé là et été détruite lors de la construction du bain ; il est possible qu elle se soit trouvée immédiatement au sud de la route voisine, où il existe encore un portail dans le style ogival des croisés, dans le mur d’une maison de la rue. Nous ne pouvons admettre l’opinion de quelques-uns qui prétendent que l’église de Marie-du-Spasimo doit être cherchée à l'endroit du couvent du derviche indien, vis-à-vis de l’église Euchomok, et qu’une autre église se trouvait à la place du sanctuaire de Notre-Seigneur-au-Repos. Il résulte de ces observations qu’une description plus détaillée du bain du sultan est inutile. J’ajoute seulement que ce lieu appartient maintenant aux Arméniens catholiques, mais qu'il reste en délabrement.

SANCTUAIRES DE LA MÈRE DE DIEU DANS ET AUTOUR DE L’EGLISE DE LA RESURRECTION.

La sainte Vierge ayant assisté sur le Calvaire à la mort du Seigneur, il est évident que la tradition en a conservé le souvenir. Le sanctuaire de la Mère de Dieu, dans l’église de la Résurrection, renfermait la chapelle de la Mère de douleurs en dehors du Calvaire, l’autel de la Mère de douleurs sur le Calvaire et la chapelle de l'Apparition. La chapelle de la Mère de douleurs se trouve au haut de la montée qui, autrefois, conduisait extérieurement sur le Calvaire, et elle est, à proprement dire, sur la place de l’ancien portail. Le portail même est muré depuis des siècles, de sorte que le Calvaire n’est plus abordable de ce côté; cependant une fenêtre ouverte dans ce portail permet encore de jeter, du Calvaire, un coup d’œil sur la chapelle. Le vocable, d’après la tradition, vient de ce que la Mère de Dieu se trouvait là au moment du crucifiement. L’érection du portail à cet endroit, par les croisés, paraît confirmer la

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tradition ; cette place y répond parfaitement, car il n’est pas admissible que la Mère de Dieu, à la mort du Sauveur, se soit trouvée sous la croix de la manière qu’on la représente communément ; la Mère de Dieu se tenait bien plutôt vis-à-vis de la croix, comme le commande la nature de la chose. Cette position vis-à-vis de la croix, qui était tout à fait naturelle au Calvaire, ne pouvait pas évidemment être conservée dans les représentations en images ; c’est pourquoi la Mère de Dieu et saint Jean ont été placés sur les côtés. La tradition actuelle est donc tout à fait admissible. La chapelle, ornée d’une petite coupole moderne, se trouve en possession exclusive des franciscains, qui l’ouvrent à peine une heure le matin, pendant la messe. L’autel de la Mère des douleurs sur le Calvaire se trouve justement entre l’autel où le Christ a été cloué à la croix et l’autel de la crucifixion. On peut considérer cet autel comme la XIIIe station, c’est-à-dire comme le lieu où Marie se tenait, lorsque le corps de son divin fils a été déposé dans ses bras. L’église de l’Apparition est à la place où le divin Sauveur, après sa résurrection glorieuse, est apparu d'abord à sa sainte Mère, comme le dit la tradition.

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