Bulletin, 1871, 130, pi. VIII
pieusement que c’est le véritable anneau de mariage de la sainte Vierge1.
Cet anneau, placé sous la garde de onze clefs, est montré deux fois par an aux cérémonies solennelles ; c’est une solide pierre d’onyx, appelée par les uns améthyste et par les autres chalcédoine.
Après sa découverte, il fut conservé quatre cent quatre-vingt-quatre ans à Chiusi et tomba alors entre les mains des habitants de Pérouse. Ceux de Chiusi portèrent plainte devant Sixte IV, qui ordonna à Pérouse de restituer l’anneau ; mais plus tard Innocent VIII revint sur cette décision en faveur de Pérouse. Dans ces arbitrages^ on peut remarquer que les papes ne se sont pas prononcés sur l’authenticité ; il ne s’agissait que d’un droit de propriété. On présumait l’authenticité, mais tout le monde sait la différence qui existe entre définir et déclarer 2.
L’importance de cette relique nous autorise à donner sur son histoire les développements que nous trouvons dans Trombelli, malgré que ses assertions soient trop explicites :
« Paris prétendait posséder deux anneaux de la sainte Vierge, au lieu que Pérouse montrait avec orgueil le sien comme celui donné à la sainte Vierge par saint Joseph3. Les Pérugins n’admettent pas qu’ils n'aient qu’une représentation de l’anneau nuptial; leurs adversaires disent que jamais, ni dans les fiançailles ni dans les mariages, les Juifs ne se sont servis d’anneaux, que l’Ecriture n’en fait aucune mention à propos du mariage de Sara ou des autres femmes célèbres. D après Tertullien, les mariés étaient couverts d’un voile et se donnaient la main sans qu'il fût question d’anneau. Les bagues des hommes et des femmes ne se portaient point en signe de mariage, elles étaient en fer et non en pierre dure comme la relique de Pérouse. Les anneaux en pierre dure, onyx ou améthyste, étant employés aux xr, xii% xme et même xivc siècle