‹ La Sainte ViergeChapitre 1172 sur 1187 · ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

ÉPHÈSE

Un pauvre village de pêcheurs, nommé aujourd’hui Aya-Salouk, rappelle la place où était Ephèse, la grande, la belle Éphèse, capitale de toutes les églises de l’Asie Mineure, où saint Jean fut enseveli, et où la sainte Vierge vint momentanément pour éviter la persécution. La grande église de Marie à Ephèse fut la première élevée avec magnificence à la gloire de la Mère de Dieu.

Après la mort de la sainte Vierge, saint Jean, s’étant fixé à Éphèse, gouvernait de là toutes les églises d’Asie. Ce fut dans cette ville que, quelques siècles après, le Sauveur accorda à sa sainte Mère son plus beau triomphe1.

MIROFLIO.

« En 1868, dit M. Dumont, j’ai trouvé sur la Propontide, à Miroflio, une belle statue byzantine de la Vierge, en marbre blanc, monument unique du v6 ou vr siècle. Cette sculpture est enfouie dans la cave d'une église. La Vierge présente tous les traits que nous remarquons sur les fresques des absides; elle est un spécimen peut-être unique de la belle sculpture grecque dans 1 ancienne Église orthodoxe ; on y reconnaît les grandes traditions de l’art classique. Le basrelief de Strasbourg doit prendre place à côté de cette Vierge remarquable. (La mort de la Vierge,

au tympan du portail méridional de la cathédrale de Strasbourg1.) »

Parmi les objets divers d’antiquité byzantine, le premier rang appartient aux statues et aux bas-reliefs. On sait qu’il n’est pas dans les usages de l’Eglise grecque de représenter la Vierge, ni les saints, ni le Christ, autrement que par la peinture : « Il faut donc attacher une grande importance à cette Vierge byzantine de Miroflio; elle est d’un beau travail et dans un bon état de conservation; par le type général, l’expression, l’attitude, le costume, elle rappelle les plus remarquables figures de la Panaghia, peintes au fond des absides byzantines ou représentées sur les médailles. Les traits sont un peu forts, mais la gravité du visage est digne de la statuaire antique. Ce monument doit être attribué aux premiers siècles de l'empire. Il est supérieur, comme exécution, à ce que les Byzantins nous ont laissé de plus parfait, par exemple aux basreliefs placés dans le cirque par Constantin Porphyrogénète.

« D’autres bas-reliefs, tous découverts en Thrace et conservés aujourd'hui au musée du Vieux-Sérail, sont remarquables par leur barbarie.

» J’ai rapproché du bas-relief de Strasbourg (la Mort de la Vierge) un marbre représentant la Vierge, monument que j’avais vu en 1868 dans un petit village perdu sur la côte de la mer de Marmara. L’église de Santa-Maria-in-Porto , à Ravenne, possède une Vierge semblable, appelée la « Madonna Greca ». Cette madone porte les lettres MP OY. C’est une œuvre grecque très-ancienne, d’un style simple et ferme. Ce marbre appartient au Ve ou vic siècle; il est donc contemporain des belles mosaïques qui décorent les basiliques de Ravenne2. »

1. Albert Dumont, Remarques archéologiques sur quelques détails de la cathédrale de Strasbourg. ( Revue archéologique , octobre 1871.)

Dans cet article, M. A. Dumont renvoie, au sujet de la statue de la sainte Vierge qu’il a vue en Grèce, à un rap* port sur un Voyage archéologique en Thrace.

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