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AFRIQUE

Quoique nous ne puissions citer de l’Afrique orientale aucun monument bien ancien, il n’est pas douteux toutefois que les Abyssiniens, qui professent une sorte de christianisme, n’aient connu de tout temps le culte de la sainte Vierge.

Nous mentionnerons seulement une croix que les missionnaires ont rapportée à Pie IX et que nous avons copiée au Vatican. Elle appartenait à l’empereur Théodoros. Sur le plat de cette croix découpée et ajourée, on aperçoit des gravures très-fines et qui représentent des sujets religieux. On y reconnaît distinctement la sainte Vierge assise, tenant l’enfant Jésus, sous les traits de nos madones occidentales. Ailleurs elle paraît dans la scène du crucifiement. Malheureusement nous ne saurions donner à ces damasquinures une date ancienne.

Au vieux Caire il existe plusieurs sanctuaires

fort anciens de la sainte Vierge, notamment l’église d’ OA b ou- S i rgeh et chapelle souterraine de Marie, la plus visitée des voyageurs ; on y montre des niches qui rappellent, dit la tradition, la place où se cacha la sainte Famille. Il y a aussi la chapelle de Sitt Miriam dans une autre église, une église à Dayr-Bablun, et deux églises coptes dédiées à Marie dans l'antique forteresse romaine de Musr-el-oAteekah 1.

On doit penser que nous ne pouvons ajouter que peu de chose, pour l’Afrique, à ce qui a été dit dans l’article de l’Algérie. Cependant nous citerons, d'après Procope, une église construite à Carthage (542), en l’honneur de la sainte Vierge et sur les ordres de Justinien2.

On voit aussi dans Tertullien des traces de la dévotion de ce prince pour la Mère de Dieu et de ce culte à Septa et à Leptis3.

On y a conservé aussi le souvenir de plusieurs femmes qui portaient le nom de la Mère de Dieu4.

t. Archæological journal , XXIX, 120.

2. [Carthage) Justinianus ædes sacras ibidem ab eo binas esse conditas quarum alteram in palatio Dei genitrici alteram extra palatium sanctæ Primæ dedicavit. (Procope, 542, I, p. 49.)

3. Serius vero et Justiniani principis cohortatio accesserat, qui templa magnificentissima honori eius Carthagine atque ad Septa et Lepti magna dicarat, Id.P III, 338!

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