ROME. — SAINT-AUGUSTIN
la différence essentielle consiste dans le modelé, qui est presque nul à Sainte-Marie-in-Via-Lata, quoique le dessin soit supérieur; ce modelé est ici très-prononcé et la coloration vigoureuse. La bouche est fine; les sourcils sont plus prononcés. On se trouve en présence d’une figure plus énergiquement orientale, à physionomie enflammée et qui n’a rien des mystiques madones des écoles italiennes» Quelle que soit l’authenticité de sa légende, on peut affirmer qu’une telle image vient du Levant et que cette exubérance de vie et de couleur lui donne son cachet natal.
La persécution des iconoclastes au vme et au ixe siècle dura près de cent vingt ans; puis, à la décadence de l’empire, les Sarrasins envahirent ces provinces. Dans ces deux émigrations, beaucoup d’hommes pieux cherchèrent un asile en Italie et y portèrent des images qu'on y vénère aujourd’hui. C’est une antique tradition que l’image de saint Alexis fut l’une d’elles qu’on vénérait au ve siècle à Édesse, en Syrie. L’opinion la plus probable est qu’elle fut apportée à Rome par Sergius, évêque de Damas, chassé de son siège par les Sarrasins. Une inscription qui se voyait autrefois derrière le cadre, en portait témoignage. Cette image, placée d’abord audessus du maître-autel, le fut ensuite sur un autel dans une chapelle latérale; en 1645, elle fut couronnée par le chapitre de Rome.