‹ La Sainte ViergeChapitre 154 sur 1187 · VENISE · texte numérisé non relu

VENISE

Un des plus anciens monuments iconographiques de la sainte Vierge que possède Venise, est certainement le sarcophage dans lequel on enferma, au xnr siècle, les restes du doge Marino Morosini. La sculpture nous semble appartenir au vie siècle. Il est composé de deux bandes superposées, dont ia plus élevée nous montre Notre-Seigneur, entouré de ses douze apôtres parmi lesquels, à la droite, saint Pierre se distingue par la croix qu’il porte. On aperçoit aussi une petite croix au-dessus du Sauveur, qui sert de point de départ aux enroulements du cadre, ornements qui rappellent exactement le style des anciens édifices de Ravenne. Dans la bande inférieure, la sainte Vierge apparaît au centre, entre sept personnages séparés par d’énormes encensoirs qui pendent à des croix. Elle est nimbée, privilège qu’elle partage seulement avec son fils, et lève ses bras en orante. Le dessin est lourd comme proportion, mais il conserve encore un accent antique. La Madone a o"',39 de hauteur et tout le sarcophage im,05 x 21", 14. (PI. CV.)

Les souvenirs de la dévotion des Vénitiens pour la sainte Vierge, se confondent avec ceux de leur origine; on raconte qu’après la prise d Aquilée (452), les tribuns Aurius et Rusticus,

lorsque la malheureuse population se réfugiait dans toutes les villes voisines, se hâtèrent d’y fonder une basilique merveilleusement belle en l’honneur de Marie. « Mirabili forma ac prelucida claritate basilicam fundaverunt in honore S. Dei genitricis et virginis Marie pulcherrimo pavimento ornatam , cuius medium pulchritudine sua rota quedam admodum decorabat 1. »

En 810, le patriarche Jean construit un ciborium au-dessus de l’autel, dans l’église de la mère de Dieu2. Cette église est réparée en 1008 3.

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