‹ La Sainte ViergeChapitre 167 sur 1187 · TOSCANE · texte numérisé non relu

TOSCANE

I i\IP R U NET A.

BIBLIOTHÈQUE LAURKNT1ENNE.

Parmi les plus anciens souvenirs du culte de Marie, Florence nous offre le frontispice de sa Bible syriaque datée du vie siècle, où la Madone nous apparaît sous un arc de triomphe. Le savant abbé Ceriani, préfet de la bibliothèque Ambrosienne, pense que les doutes élevés sur l’authenticité de cette date ne sont pas fondés. (Pl. CVI.)

La sainte Vierge est représentée sous un brillant costume ; elle est debout et tient l’enfant Jésus sur son bras gauche; sa tète est ornée d’un large nimbe d’or bordé de lisérés bleus et rouges. Une coiffe blanche lui serre les tempes et un voile violet lui retombe sur les épaules ; la physionomie du visage est singulière, les sourcils fortement prononcés, la ligne des yeux inclinée vers le nez, le nez long, la bouche souriante; sauf une draperie violette qui pend du bras gauche, tous ses vêtements sont en or, avec plis simplement dessinés par des traits pourpres. Elle est chaussée en rouge et montée sur un escabeau jaune dont les champs sont alternativement ornés d’émeraudes et de rubis. L’enfant Jésus porte un nimbe d’or bordé de bleu, une tunique verte, un manteau d’or; il paraît, d’une manière un peu forcée, renversé sur l'épaule gauche de sa mère.

La suite du manuscrit présente plusieurs autres images de Marie que nous avons étudiées dans l’Évangile ou à propos des scènes dans le premier volume de cet ouvrage.

Parmi les précieuses enluminures que nous offre encore la Laurentienne, nous remarquons les homélies de saint Grégoire qu’on attribue au xie siècle; on y voit une Nativité sous les données ordinaires byzantines ; Marie couchée auprès de la crèche, le lavabo, saint Joseph et une foule d anges au-dessus de la scène qu ils contemplent. Nous remercions vivement M. Ferrucci de la libéralité avec laquelle il nous a communiqué les trésors de sa librairie L

i. Biscioni, Catalogue, t. I, cod. XXXII.

Le garde-meuble de la cathédrale de Florence possède deux petits tableaux en mosaïques de 27 x 18 ; ils sont divisés en six compartiments et présentent plusieurs sujets bibliques, entre autres pour la sainte Vierge : l’Annonciation, la Nativité, la Présentation, la Crucifixion, l’Ascension, la Pentecôte et l’Assomption. Ces compositions sont simples et bien ordonnées, les attitudes excellentes, les draperies bien jetées; les figures, quoique un peu allongées, sont gracieuses ; le h ni des mosaïques est tel, qu’à une certaine distance on les prendrait pour des miniatures. Ces tableaux jouaient le même rôle chez les Grecs que les diptyques ; iis doivent appartenir au Xe siècle. Gori en adonné des gravures médiocres1.

IMPRUNETA.

L’Impruneta, dont l’origine fut une antique église appelée Santa-Maria- in-Pineta, est située à 7 milles au sud de Florence. Ce bourg s'élève sur un mamelon couvert de sapinières; il doit sa prospérité et sa renommée à l'image miraculeuse que possède son église, laquelle remonte au xic siècle. Ce sanctuaire est non-seulement mentionné dans des chartes de 1040, 1052, 1074, mais une inscription gravée sur la façade nous apprend encore qu elle fut consacrée en 1054 par Umberto, cardinal de Selva-Candida 2.

Manni attribue cette image non à saint Luc l’Évangéliste, mais à un peintre du moyen âge qui portait le même nom et dont la piété l’engageait à ne travailler qu’après avoir communié. j Quelques habitants voisins de l’Impruneta, dit-il, ayant visité les lieux saints, prirent à leur retour la résolution de se consacrer à Dieu. L’évèque les approuva et commanda une image au saint peintre Luc dont nous venons de parler; il la fit placer dans la chapelle

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