PLAISANCE
ni
il y a moins de symétrie et la liberté du ciseau accuse un art beaucoup plus avancé, quoique contemporain.
A droite, les mages viennent s’incliner devant le Christ, vers lequel l’étoile, sous les traits d'un ange, les a conduits; à gauche, saint Joseph est prévenu par l’ange de fuir en Égypte. La petitesse de ce groupe, auprès du principal, nous prouve que ces représentations, qu’on a souvent accusées d’être uniquement historiques, peuvent, dans la pensée de leur auteur, revêtir un caractère idéal qui devient un hommage plus complet à la très-sainte Vierge.
Le Baptistère de Parme ne possède pas seulement l’Adoration des mages qui surmonte le portail principal et que nous venons de décrire, il nous offre encore dans les conques des arcades intérieures plusieurs scènes évangéliques où ligure la sainte Vierge. L’c Annonciation nous montre Marie levée de son siège à l’arrivée de l’ange qui la salue par le geste ordinaire; la Purification renferme plus de personnages que nous ne sommes habitués à en voir en cette circonstance. Siméon tourne le dos à l’autel pour recevoir le Sauveur des mains de la sainte Vierge, Joseph, à gauche de l’autel, écoute la voix d’un ange qui descend du ciel à tire-d’aile ; sainte Anne, Salomé et deux adorateurs complètent la scène et remplissent heureusement l’arcade.
Le chef-d’œuvre de ces petits bas-reliefs qui
Bas-relief à l’intérieur du baptistère.
assise sur un âne, tient l’Enfant; elle est précédée de Joseph qui porte le modeste bagage et de l’ange qui guide la caravane ; elle est suivie de deux femmes tenant sur leur tête des paquets, la dernière, de plus, une paire de colombes. Tout le bas-relief a im,65 de long et les ligures environ om,6o; elles sont touchées avec beaucoup d’esprit et de naïveté.
Au xme siècle, ces bas-reliefs ont été entourés de peintures où nous pourrions, si leur description ne sortait de notre cadre, faire une abondante récolte iconographique.
Hemans cite avec admiration un travail d’Antelami qui représente une déposition de croix sculptée en marbre, qui faisait partie de l’ambon et qu’il a vu dans le mur d’une chapelle du Dôme ; mais nous ne l’avons pas retrouvé.