‹ La Sainte ViergeChapitre 183 sur 1187 · Summa aurea.} XII · texte numérisé non relu

Summa aurea.} XII

CH. IV. — PIEMONT.

IVREE.

la population que c’était la statue rapportée par saint Eusèbe. Les chanoines de Saint-Étienne s’adressèrent à l’évêque de Verceil pour faire enlever cette fausse statue et réunir l’oratoire au

sanctuaire d’Oropa. Ils réfléchirent alors que remplacement de l’oratoire était plus convenable pour^attirer les pèlerins que celui du sanctuaire presque inaccessible, surtout pendant l’hiver, et songèrent à y descendre la statue. Peu de temps apres, ils voulurent réaliser ce projet; ils formèrent une procession conduite par l’évêque luimême, enlevèrent la statue de la niche et se disposaient à la transporter; mais à peine avaientils tait quelques pas qu’elle devint si pesante qu il fut impossible de la porter plus loin. Avertis par ce fait, si contraire aux lois naturelles, ils y virent un ordre providentiel et reportèrent la statue dans son sanctuaire primitif1. La statue n a donc jamais quitté sa montagne.

Au milieu du xvi° siècle les Français ayant envahi le Piémont, elle fut profanée par les envahisseurs et cachée par des mains pieuses qui

i. Cenni storici Oropa dal sacerdoce Cuniberti Camillo. Biella, 1855.

la leur dérobèrent. Après cette disparition on la retrouva, vers 1596, entre deux rochers sans avoir subi aucune altération. Alors un nouveau sanctuaire s’éleva plus beau que les précédents et digne des pèlerins qui, au nombre de trois cent mille, venaient y fêter la Nativité et l’Assomption de Notre Dame L

En 1620, Jacques, évêque de Verceil, plaça sur la tête de la madone une triple couronne au milieu du concours de plus de cinquante mille spectateurs. Parmi les nombreux miracles que la sainte Vierge a faits à Oropa, on cite une personne à qui elle a restitué la langue qui lui avait été arrachée par des brigands2.

En 1844, Canina fut chargé de rédiger un colossal projet pour une basilique nouvelle. Il laissait l’ancienne sur un des côtés de l’atrium et construisait à l’une des extrémités une immense église 3.

IVREE.

Ivrée avait, au moyen âge, un sanctuaire dédié à Marie et l’objet d’une grande vénération ; on racontait une légende d’après laquelle la sainte Vierge aurait défendu elle-même l'abbaye. En 983, l’évêque de Verceil, Léon, voulut l’usurper, mais une nuit, les cheveux en désordre, les yeux baignés de larmes, elle lui apparut en compagnie de saint Pierre, et, lui adressa ces parples :

« Tu dors, évêque? — Qui es-tu, répondit le prélat tremblant. — Je suis Marie, mère de Dieu et du Sauveur. — Pourquoi viens-tu vers moi, illustre dame? — Si tu pousses plus loin ton audace pour usurper mon église d'Eporedia (Ivrée) et l’église de Saint-Pierre, le prince des apôtres, tu mourras bientôt d'une mort horrible, .Nous venons pour t'empêcher de commettre un tel crime. »

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