‹ La Sainte ViergeChapitre 187 sur 1187 · NOTR E- DAM E-DELLA-CONSO LATA · texte numérisé non relu

NOTR E- DAM E-DELLA-CONSO LATA

Cette église est située près de l’hôpital de Saint-Louis-de-Gonzague. L’origine de l’image qu’on y vénère sr perd dans la nuit des temps ; sa ressemblance avec celle de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, donne à penser qu’elle appartient à cette série d’anciennes madones faites en Orient sur le modèle de celles attribuées à saint Luc. On croit que saint Maxime, évêque dé Turin, contemporain et ami de saint Eusèbe, reçut de lui cette précieuse peinture et l’exposa vers 440 dans l’église Saint-André.

Les invasions des barbares tirent de Turin un monceau de ruines et l’image resta oubliée pendant plus de quatre siècles. Au xie, Ardouin, dépossédé du royaume d’Italie et n’ayant conservé que le marquisat d’Ivrée, promit par un vœu d’élever trois sanctuaires à Marie : le premier sur le mont Créa, un second sur le Bel- Monte, un troisième à Turin, dans la chapelle de Saint-André. Ce fut en faisant les fouilles qu’on trouva l’antique image et qu’on la prit pour celle de saint Maxime miraculeusement conservée.

Les pestes, les guerres civiles amenèrent de nouveaux malheurs et de nouvelles ruines. Turin fut longtemps abandonné ; l’image sainte encore enfouie et perdue sous les décombres de l’église de laConsolata. En 1004, un aveugle-né, Ravac, de Briançon, dans le Dauphiné, eut un songe qui lui montra la sainte Vierge et l’enfant Jésus dans les bras, et il entendit la mère de Dieu qui lui commanda d’aller chercher le tableau à Tu¬

rin. Malgré les railleries de sa famille, il partit, conduit par une servante, et, arrivé dans la capitale du Piémont, il se rendit chez l’évêque, auquel il inspira sa confiance et qui se prépara par le jeûne et la prière à la pieuse recherche. L’aveugle désigna le lieu qu’on devait explorer; on y alla, on fouilla; l’image fut découverte et lui retrouva la vue. En même temps la peste qui affligeait la ville cessa et l’abondance succéda à la stérilité de la terre. Depuis lors la sainte image n’a jamais disparu et on l’invoque dans toutes les calamités. (Riccardi, II, 60.)

(PL CIV.) — La madone porte l’enfant Jésus sur son bras gauche, et, pendant qu’elle le regarde tendrement, elle se met la main droite sur la poitrine. On remarque deux étoiles, l'une sur son front, l’autre sur son épaule droite. C’est une œuvre byzantine que les copies reproduisent peu fidèlement. Les plis du costume de l’enfant n’ont pas d'ombre; ils sont indiqués par des traits d’or comme dans les manuscrits grecs du XIe siècle. Ce caractère byzantin, qui a résisté à des retouches peut-être nombreuses, nous est apparu pendant l’examen attentif que nous avons fait de cette peinture. L’église, par son style, semble concorder avec l’âge de la madone. On dit que la chapelle souterraine fut fondée en 1016; une certaine portion des nefs et surtout le campanile en conservent des traces évidentes; les bandeaux, les arconcelles, leurs corbeaux sont certainement du xr siècle. Je dirai même qu’on distingue dans le soubassement un fragment de marbre d’un temps plus reculé, peut-être du ixe siècle. Nous notons ces détails comme une sorte d’authentique attachée à la sainte image qui nous prouve sa présence à Turin au moins depuis la légende de l’aveugle.

SANCTUAIRES ET IMAGES

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