SAINT-CLEMENT
L’église de Saint-Clément est une des plus anciennes et des plus intéressantes de Rome ; une antique tradition en attribue la fondation au pape saint Clément ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle existait déjà du >, temps de saint Jérôme. Adrien Ier en refit la couverture; Léon III et Léon IV l’enrichirent d'ornements sacrés; Jean VIII rétablit le chœur. Ayant beaucoup souffert des dévastations de Robert Guiscard, elle fut reconstruite entièrement sous Pascal II, qui en avait été le titulaire avant d’être élu pape. La mosaïque du chœur fut faite par le cardinal Jacopo Tomasio, neveu de Boniface VIII en 12pp.
Les fouilles pratiquées à Saint-Clément, en i86p, par le père Mullooly, permettent de préciser davantage l’histoire de cette église; il a reconnu des constructions successives : la basilique au niveau du sol actuel qui est du xne siècle ; au-dessous, la basilique de /’ époque constantinienne qui montre encore ses colonnes antiques est certainement celle de saint Jérôme ; il est probable qu’avec le temps, ces points d’appui s’écrasant, il fallut les consolider par de gros piliers de briques sur lesquels on a placé les
peintures que nous voyons. Les ruines de Robert Guiscard (1084) remplirent la basilique jusqu’au sol moderne ; on la releva sans doute quelques années après dans l’état actuel. L’église inférieure, jusqu’à cette destruction, au xie siècle resta accessible.
Les peintures des scènes évangéliques, notamment celles de la Passion, semblent remonter au vme siècle; elles sont placées sur le mur près du narthex. On y voit, entre autres, le tableau où figure le pape Léon IV encore vivant à cette époque (847 — j— 855). Les peintures de la vie de saint Cyrille, apôtre des Slaves, mort peu d’années après Léon IV, se placent à la fin du IXe siècle ou au commencement du Xe.
La peinture de Léon IV, découverte en 1863, a exercé et exerce encore la critique des savants. Il s’agit de savoir si elle représente l’ascension de Notre-Seigneur ou l’assomption de la sainte Vierge. Notre-Seigneur, dans une auréole portée par des anges, comme dans toutes les ascensions, domine la scène. Au-dessous, à un second rang, sa sainte mère ouvre les bras, dans l'attitude de
Fragment de la fresque de Léon IV.
la prière et le regarde; encore au-dessous et tout à fait sur la terre, sont les apôtres sans nimbes, dans des positions variées et quelques-uns levant les bras au ciel. Aux deux extrémités et au même niveau que les apôtres et sur une échelle plus grande, on voit deux personnages; celui de droite, avec un nimbe circulaire, est accompagné
CH. II. — ROME