SAINT-CLEMENT
des mots SCS VITVS; le second, à gauche, portant un nimbe carré surmonté d’une petite croix avec l’inscription suivante précédée également d’une croix + SANCTISSIMUS DOM LEO OR T PP ROMANUS, que l’on pourrait traduire ainsi : « Sa Sainteté le pape Léon offre. »
PI. CXVI. (Voyez l’article de YoAssomption. t. I, p. 275.) — Au-dessous de la sainte Vierge on observe une table de marbre creusée d’une niche elliptique de om,55Xom,37 sur om,o5 de profondeur, parfaitement régulière. C’est un marbre blanc piqué dans le fond pour y faire adhérer le mortier dont on voit encore des restes. Ce mortier blanc et fi n porte l’empreinte d’un objet également elliptique qui était placé dessus et qui entrait de 0,03 dans le trou, de sorte que le mortier servant de scellement a environ o m,o2 d’épaisseur. La surface extérieure du marbre est gradinée et recevait l’enduit sur lequel la fresque est peinte et qui s’étendait incontestablement j usqu’à l’objet qu'on y voyait. Etaitce une mosaïque? un bas-relief? un reliquaire? quelle en était-la forme et quel en était le sujet? on 1 ignore encore. Ce qui est certain, c’est qu’il occupe la place que la sainte Vierge occupe ordinairement dans les ascensions des manuscrits contemporains.
Au bas de la peinture on lit : Qiiod hœc prœ cuntis splendet pictura décoré comporter e, hanc studuit prœsbyter ecce Léo. La tète de la sainte Vierge est très-fruste, les ombres y sont dessinées par une teinte légèrement bleuâtre. Le nimbe jaune est entouré d’un cercle blanc; manteau blanc avec ombres jaunes; robe lie de vin avec filets blanchâtres. Les mains sont assez bien dessinées. Les pieds manquent et occupaient l’intervalle qui reste jusqu’au marbre de l’ovale. Le fond, vert dans le haut, devient bleu en descendant et arrive à la terre rouge qui se dégrade par le bas en jaune jusqu’aux pieds des apôtres.
Les partisans de l’Ascension disent : i° que le Christ y est représenté dans sa gloire, là., comme partout ailleurs ; 2°que si la sainte Vierge est plus haute que les apôtres, l’artiste, voulant
lui donner une place à part et ne pouvant le faire au milieu comme dans la Bible syriaque, aux portes de Saint-Paul et ailleurs, l a rapprochée de son fils par la nécessité de la composition; 30 qu’on n’a jamais représenté l’Assomption dans cette forme avant le xne siècle. — A ces motifs, on répond qu’elle est plongée dans l’empyrée dans la zone bleue et qu elle ne fait que toucher à la terre représentée par la zone rouge; qu'il n’est pas exact de dire que l’Assomption n’ait pas été représentée plus tôt en Occident; qu’Anastase en cite des exemples; que sur un ivoire de Saint- Gall on voit la sainte Vierge dans la même position qu'à Saint-Clément. Notre-Seigneur n’y est pas, mais le doute n’est pas possible, car on lit au-dessus oAscensio sancte Marie-, que l’intention de représenter l'Assomption à Saint- Clément ressort de la présence des deux personnages, saint Vitus et Léon IV, dont nous avons parlé en décrivant la peinture. Léon IV, à l’occasion d un grand basilic qui dévastait tout le pays, ordonna une procession qui s’arrêtait à l’église de Saint-Vitus.
Pour nous, il nous semble difficile de ne pas regarder cette scène comme celle de l’Ascension, à cause des analogies frappantes qu’elle nous offre dans le groupe céleste et dans les attitudes des apôtres. Cependant la présence de Léon IV, le pape qui établit plus solennellement à Rome la fête de l'Assomption, l’exaltation de la sainte Vierge, autorisent à voir chez l’auteur de cette fresque une idée d’honneur rendu à Marie telle que les Ascensions typiques ne nous la fournissent pas. Rien n’empêche donc de supposer, comme nous l’avons déjà dit dans le ier volume, que. pour le peintre, l’ascension de Marie étai presque la même que celle du Sauveur, et que l’ardeur de son amour la transportait dès lors à la suite de son divin fils.
Madone dans une niche. (PL XCI.) — Dans cette église souterraine de Saint-Clément, au fond d’une niche carrée en plan, circulaire en élévation, de om,95 de large sur im,7o de hauteur et om,68 de profondeur, on voit une madone
SANCTUAIRES ET IMAGES
avec l’enfant Jésus, probablement du ixc siècle. On peut en juger en la comparant à Sainte-Mariein-Domnica dont la date est certaine. Le dossier du trône de la sainte Vierge est semblable dans les deux images. L'usage de représenter des madones dans les niches était assez répandu aux viiic et ixe siècles, comme semblerait le prouver celle de Saint-Urbano-alla-Cafarella, de Saint- Zénon, etc. De même que la Madone de la crypte de Sainte-Praxède à laquelle, du reste, elle est fort inférieure, celle-ci porte une riche coiffure et de larges rivières de perles qui lui retombent sur les épaules. L’enfant Jésus bénit de la main droite et tient un rouleau de la gauche.
Crucifiement. — La sainte Vierge nous apparaît encore ici dans le crucifiement. Le Christ a le nimbe crucifère, les pieds séparés et les yeux ouverts. La sainte Vierge, les deux mains jetées en avant dans le geste de la prière, prend le rôle exclusif d’orante. Saint Jean montre d’une main son maitre et de l’autre tient le volumen de renseignement.
L’église Saints-Cosme-et-Damien remonte à saint Félix IV, pape, qui se servit d’un temple
Madone sur le maître-autel des Saints-Cosmc-et-Damien.
dédié à Rotnulus et à Rémus. Restaurée par saint Grégoire le Grand, enrichie de lames de bronze par Sergius Ie1', elle fut embellie successivement par Adrien Ier, Léon III et enfin Urbain VIII. On y vénère une image de la sainte
Vierge avec F entant Jésus, peinte sur une planche de bois de noyer. Elle est comprise dans un cadre de om,55 de largeur et présente une peinture byzantine de la plus triste époque 1 que l’on voit d’ailleurs assez mal sous les colliers, les bracelets, les couronnes dont on l’a couverte. Il y a énormément de repeints. La sainte Vierge porte l’enfant Jésus sur son bras droit et pose sa main gauche sur son cœur. Elle n’a plus l’air gai et souriant des anciens temps; la bouche est pendante, le nez brisé, l’air sombre. Le voile et le manteau en gros bleu, avec bords dorés; la robe de l’enfant Jésus, d’une teinte neutre, son manteau rouge. Une légende qu’on fait lire dans l'église dit que cette madone parla à saint Grégoire le Grand pour lui demander pourquoi il ne la saluait plus. Le saint lui en exprima son repentir et depuis cette époque on célébrait une messe pour le repos de son âme. Dans la crypte des Saints-Cosme-et-Damien, une fresque représente la sainte Vierge et l’Enfant, laquelle parait dater du xe siècle. (Crowe et Cavalcaseile.)