Baronius, dans les notes du Martyrologe } écrit que
CH. y. — SICILE.
MESSINE
comte Roger l’eut fait reconstruire, cette église s’appela Santa-Maria-Nuova. L’antique image de Santa-Maria-Assunta, dans l’ancien dôme, possédait une chapelle spéciale, aujourd’hui elle accompagne la Madonna-della-Lettera. Il y avait une foire à l’occasion de l’Assomption, où l’on amenait pour le bénir l’étendard du comte Roger. La madone elle-même était portée à cheval en procession. Samperi en donne une gravure d’après laquelle ce tableau ne serait pas trèsancien. La sainte Vierge est étendue dans le bas sur son lit funèbre, tandis que Notre-Seigneur au milieu des nuages et des anges la transporte au ciel.
Santa-Maria-della-Lettera. — Une tradition de l’église de Messine lui donne l’honneur d’avoir été fondée par saint Paul lui-même : saint Jean Chrysostôme, dans la seconde homélie de l’Épître aux Romains, rappelle ce souvenir g ter in Siciliam profectus est ». La tradition ajoute que le saint docteur dans un de ses discours prêcha sur la Passion et la Mort du Sauveur, et dans un autre de la sainte Vierge et de l’incarnation du Verbe. Il leur parla avec tant de feu que les Messinois conçurent une grande dévotion envers la mère de Dieu, et, apprenant qu’elle vivait encore à Jérusalem, ils prièrent saint Paul de mener vers elle une députation qu’ils lui enverraient; ne pouvant s’y rendre tous, leurs ambassadeurs iraient la vénérer de leur part et mettraient leur cité sous sa protection. Saint Paul consentit, le voyage fut entrepris et les ambassadeurs arrivèrent en présence de la mère de Dieu; on peut s’imaginer leur joie, surtout quand ils sévirent reçus avec tant de bonté et qu’ils obtinrent de Marie une lettre écrite de sa propre main aux Messinois. Cette lettre, transcrite d’abord de l’hébreu en langue grecque, fut enfin traduite en latin de la manière suivante :
« Maria Virgo Joachim rilia, Dei humillima, Christi Jesu crucifixi mater, ex tribu Juda, stirpe
les Huns fêtaient l’Assomption et qu’ils appelaient ce jour le jour de la Dame.
David, Messanensibus omnibus salutem et Dei Patris omnipotentis benedictionem.
» Vos omnes fide magna legatos ac nuntios per publicum documentum ad nos misisse constat : filium nostrum Dei genitum, Deum, et hominem esse fatemini et in ccelum post suam resurrectionem ascendisse, Pauli electi predicatione mediante viam veritatis agnoscentes. Ob quod vos, et ipsam civitatem benedicimus cujus perpetuarmprotectricem nos esse volumus. Anno Filii nostri XLII indictione I. III nonas iulij. luna XXVI, feria V. ex Hierosolymis. »
Cajetano, en rappelant cette tradition et cette lettre, renvoie à l’ouvrage de Paolo Belli, intitulé « Gloria oMessanensium » ; il prétend qu’on y trouve des preuves certaines de cet événement. Il ajoute que la peinture de la madone appelée communément dei Litterio vient d’Antioche et fut peinte par saint Luc. On y lit au-dessous en grec cette inscription : « La mère de Dieu prompte à exaucer. » Samperi affirme que cette madone est très-ancienne et même, lui aussi, qu’elle fut peinte par saint Luc. Elle se trouvait jadis dans une des chapelles du dôme, à gauche de la nef, sous l’orgue, etau milieu d’une riche décoration. Ce qui prouve l’antiquité de ce culte ce sont les nombreuses copies anciennes elles-mêmes, qu’on conserve dans une quantité d'églises et jusqu’en Bohême. Des faveurs insignes furent obtenues pour Messine devant cette image, notamment une défaite des Sarrasins au xie siècle, la retraite des Français qui assiégeaient la ville en 1300, la délivrance de la peste, etc. La fête de Santa-Maria-del-Litterio se célébraitle 8 septembre.
Flavius Lucius, contemporain de saint Jérôme, mentionne cette fameuse lettre au dire de Samperi : Beate Virginis Mariœ , missa prias ab eadem dulci epistola. Il ajoute que cette lettre fut retrouvée dans les archives : Hoc tempore in tabulario Messanensi reperta est quædam epistola hebraicè exarata à B. Virgine ad eosdem cives Messanenses L Eigarée de nou-