‹ La Sainte ViergeChapitre 237 sur 1187 · DIVERSES MADONES DE MESSINE · texte numérisé non relu

DIVERSES MADONES DE MESSINE

L’église des Jésuites possède une copie de la madone de Sainte-Marie-Majeure. Samperi cite encore, parmi les plus anciennes madones de

Madonna-di- Valverde. — En ioqOjdegravesdiscordes s’étant élevées entre les Sarrasins, maîtres de la Sicile, l’empereur Michel le Paphlagonien crut pouvoir en profiter pour leur arracher leurs conquêtes, et il y envoya une armée impo-

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CH. y. — SICILE. — MONGIBELLO.

santé sous le commandement de Georges Maniace, capitaine d’une grande valeur. En arrivant à la maremme de Sicile, il reconnut que les Sarrasins, oubliant leurs querelles particulières, s’étaient réunis pour se défendre contre l’ennemi commun. Voyant alors que les forces qu’il avait amenées de Constantinople étaient insuffisantes pour remporter la victoire, il passa dans le royaume de Naples et s’adressa à Guismer, prince de Salerne, à Landolfe, duc de Capoue ; il en obtint des renforts, parmi lesquels se trouvaient quelques braves troupes de Normands , dont Guillaume et Robert étaient les principaux chefs ; mais avant l’arrivée de ces secours, la division se mit parmi les chrétiens. Les capitaines normands quittèrent la Sicile, et un certain Denis, qui avait quelque réputation de valeur, ne voulant pas les suivre ni rester sous lès ordres de Georges, se livra à un genre de vie aussi étrange que criminel. Ayant trouvé le long des rampes de Mongibello, dans la partie qui s’appelle Valverde, une immense caverne défendue par des précipices profonds, des rochers sauvages, il s’en fit une retraite d’où il courait dans tous les environs, dépouillant les voyageurs et le plus souvent les assassinant. Les gens du voisinage en étaient terrifiés ; mais la sainte Vierge veillait. Il arriva qu’un jour du mois de juin un certain Égidius, qui lui était dévoué, voulut traverser les lieux ravagés par Denis, malgré les représentations qui lui furent faites et se confiant dans la protectrice des malheureux. ïl part et rencontra Denis armé de toutes pièces ; il eut peur, et, voyant que le brigand était sourd à ses prières, il s’adressa à la mère de Dieu et la supplia de tout son cœur. A peine avait-il fini sa prière que la terre tremble et que d’un foyer de lumière sort une voix qui crie trois fois : « Denis! Denis! Denis! » A ce bruit, le brigand saisit son épée, mais sa main reste immobile et il demande quelle est la voix qu’il a entendue, et la voix lui répond : « Je suis la mère de Dieu et je suis venue ici pour défendre mon Egidius; remets ton épée dans le fourreau, s A ces graves paroles, Denis devient tout à coup vrai pénitent, il

se jette à genoux en demandant pardon de tous ses forfaits. La sainte Vierge l’entend et, au milieu d’une vive lumière et d’un grand concours d’anges, elle se montre à lui et lui dit : « Si tu fais ce que je t’ordonne, j’obtiendrai ton pardon de mon fils. Prends un habit d’ermite et élève ici un sanctuaire en mon nom; va trouver le clergé et dis-lui qu’il vienne ici et qu’il construise l’église dans le lieu qui sera indiqué par le vol d’une grue. Qu’on ne s’inquiète pas du manque d’eau nécessaire, car on verra surgir une source dans la grotte où tu as versé tant de sang humain; et de plus cette eau guérira les malades. »

Après le départ de la vision, il obéit. Tout se passa comme la sainte Vierge l’avait ordonné et prédit. Emus de ces prodiges, les habitants du pays se mirent immédiatement à l’œuvre. Quand l’église fut terminée, Denis eut une autre vision de la sainte Vierge qui lui apparut avec l’enfant Jésus entre ses bras, et en disparaissant elle laissa son image peinte sur un pilier et dans le style grec. Son manteau était bleu brodé d'or, de la main droite elle portait son fils bénissant, et en souvenir de ses paroles elle tenait une grue dans l’autre main. On comprend combien ces merveilles durent exciter la dévotion à la sainte Vierge. Quelques années après, ce temple fut enrichi avec une royale magnificence par le roi Frédéric, qui le fit consacrer par trois évêques.

De nouvelles années se passèrent et les dévots à la sainte Vierge voulurent agrandir son sanctuaire. Prévoyant que pendant ce travail il faudrait déplacer la paroi du mur où l’image était peinte, et craignant qu’elle ne fût endommagée, ils résolurent d’en faire faire plusieurs copies par un peintre, afin que si l’original venait à être détruit, on pûty suppléer. Mais on ne parvintpoint à faire ces copies, car ce qui avait été peint dans le jour se trouvait effacé la nuit. On décida alors, au moyen de machines, d’enlever la partie du mur qui portait l’image et de le placer plus loin; mais ces tentatives ne réussirent pas davantage. Alors la sainte Vierge apparut à un berger qui lui était dévoué et lui dit qu’il était temps d’élar-

SANCTUAIRES ET IMAGES

gir leglise sans toucher à la peinture. Il en avertit les prêtres, et cependant on essaya encore d'employer les machines; mais comme tous les efforts étaient vains, l’image, sans l'aide d’aucune main humaine, se détacha elle-même du mur où elle était et se porta au côté droit du temple, en permettant d’y faire tous les agrandissements et embellissements prévus.

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