‹ La Sainte ViergeChapitre 242 sur 1187 · SAN TA -MA RI A -LA — PIN TA · texte numérisé non relu

SAN TA -MA RI A -LA — PIN TA

Cette basilique fut élevée par Bélisaire vers 535 ; elle occupait un carré de trente pas de côté , la nqf et les ailes n’étaient pas entourées de murs comme dans les églises latines, mais entièrement à jour. La forme du plan affectait la figure du T. Dans le transsept on voyait trois autels. Sur celui du milieu, appuyé au mur méridional, s’élevait le fameux tableau de YoAnnon-

SANCTUAIRES ET IMAGES

dation qui a valu son nom à l’église elle-même. Derrière le maître-autel s’ouvrait une sacristie et des dépendances pour le culte. Ce vénérable sanctuaire fut détruit en 1648, pour faire place j aux nouveaux boulevards du Palais-Royal. Cette description est tirée du manuscrit de Mongitore , Storia-sacra-di-Palermo. (Voy. Hittorf.)

Le grand amiral Georges d’Antioche fut le fondateur de l’église de Santa-Maria-deU’Ammiraglio, appelée maintenant laMartorana. L’église, consacrée en 1113, ne fut terminée qu’en 1143, par le roi Roger. Parmi les belles mosaïques qu’on y voit encore et qui malheureusement ont eu grandement à souffrir du temps et des restaurations, nous signalerons un tableau de la mort de la sainte Vierge. Cette composition occupe un des arcs de la coupole et représente Marie, les anges et les apôtres. Dans une autre arcade de la coupole, on remarque la naissance de la sainte Vierge, mais l’obscurité de cette coupole nuit à l’étude de ses mosaïques. Dans une mosaïque de l’abside, la sainte Vierge est désignée sous le titre : Sapientia Dei. Dans une autre elle reçoit le modèle de l’église des mains de Guillaume II, couvert de ses vêtements royaux. Enfin, au-dessus de la porte d’entrée, elle nous apparaît sous le sévère aspect d’une matrone en costume religieux. On lit ces deux vers tracés au-dessous :

Sponsti tue prolis y o Stella puerpera solis ,

Pro cunctis ora} sed plus pro rege labora.

Nous y signalerons aussi un tableau en mosaïque qui représente l’amiral Georges prosterné aux pieds de la sainte Vierge. Quoique ce personnage n’ait pas une pose agréable, toutefois sa figure est remarquable par sa physionomie, sans doute copiée d’après l’original. La sainte Vierge, avec une expression d’attendrissement, intercède auprès de son divin fils en faveur du fondateur de l’église ; on croit ce

tableau, qui donne une grande idée du talent des mosaïstes siciliens, le plus ancien exécuté sous le j règne des Normands. La sainte Vierge tient un | rouleau déployé sur lequel on lit en grec l’inscription suivante : « Georges, le premier des princes, a élevé pour moi cet édifice depuis ses fondations, ô mon fils, préserve-le de tout mal; toi seul en as le pouvoir étant Dieu ! » Nous devons dire que, malgré cette inscription, certains auteurs, entre autres le célèbre Gravina, conteste à l’amiral Georges l’honneur d’avoir été le fondateur et prétendent qu’il ne fut que l’auteur d’une restauration. On rapporte une légende relative à cette fondation , d’après laquelle Guillaume Ier avait caché un trésor sous une montagne voisine de Palerme, et la sainte Vierge en révéla le secret au fils du prince, en lui disant de construire une église qui devait être dédiée à Maria-oAssumpta.

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